Un séisme de magnitude 7,4 a frappé l’ouest de la Colombie lundi matin. Les secouristes poursuivent leurs recherches dans les décombres, tandis que l’aide internationale commence à affluer
Un puissant séisme de magnitude 7,4 a frappé l’ouest de la Colombie lundi 10 août. Le tremblement de terre, le plus puissant enregistré dans le pays au XXIe siècle, a été ressenti jusqu’à Bogotá et dans plusieurs pays voisins. Les régions du Chocó et de l’«Eje cafetero», ainsi que la ville de Cali, figurent parmi les zones les plus touchées. Près de 50 répliques ont été enregistrées depuis la secousse, qui a duré jusqu’à deux minutes.
Le bilan humain reste provisoire alors que les recherches se poursuivent dans les décombres. Plusieurs bâtiments et établissements hospitaliers ont été endommagés, tandis que l’aide internationale commence à affluer. Les Etats-Unis ont annoncé une aide de 15,5 millions de dollars et la Suisse se dit prête à intervenir. Pour le président, Abelardo de la Espriella, arrivé au pouvoir trois jours avant le séisme, cette catastrophe constitue sa première grande épreuve à la tête du pays.
Après presque dix ans au Conseil fédéral, le chef de la diplomatie suisse s’apprête à mener son tout premier combat devant le peuple lors d’une votation fédérale. Face aux initiants, sur fond d’ingérence russe, le Tessinois défend une neutralité pragmatique contre le projet de son ancrage strict dans la Constitution
Les Suisses ont peu voté ces dernières années sur les questions de relations internationales. Pour preuve, élu il y a bientôt 10 ans à la tête des affaires étrangères, Ignazio Cassis n’a jamais eu l’occasion de mener campagne pour le Conseil fédéral lors d’une votation fédérale. Cette lacune sera comblée d’ici au 27 septembre avec l’initiative sur la neutralité, qui demande d’ancrer la notion de manière stricte dans la Constitution. Un texte déposé par Pro Suisse et quelques figures de l’UDC tel Christoph Blocher, auquel le gouvernement s’oppose, tout comme le parlement, estimant qu’il réduirait trop la marge de manœuvre de la Suisse. Un oui empêcherait les collaborations avec des alliances militaires comme l’OTAN ou les reprises de sanctions économiques, à l’exception de celles de l’ONU.
Ce baptême du feu se déroule dans un contexte particulier pour le Tessinois, alors que la Russie s’est immiscée dans le débat de façon inédite. Le 31 juillet dernier, la porte-parole du Ministère russe des affaires étrangères apportait, via son compte Telegram, son soutien à l’initiative. Ce mardi, lors du lancement de sa campagne devant la presse, le ministre s’est voulu rassurant. «Nous y sommes habitués, quatre fois par an, nous votons et le monde en parle. Tant que ce qui se passe est transparent et que la source est claire, cela fait simplement partie de la politique», a-t-il répondu, se déclarant «profondément convaincu» que la population est assez mûre et intelligente pour faire la part des choses.
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Le parlement turc a adopté lundi un texte de loi sur le retour à la vie civile des combattants de la guérilla kurde. Ses militants échaudés attendent des garanties politiques concrètes
«Un tabou a été brisé», se réjouit Yüksel Genç, une militante infatigable de la cause kurde basée à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. Cette ancienne combattante du PKK a connu toutes les phases du conflit qui a opposé l’organisation armée kurde à l’Etat turc depuis 1984. En 1999, elle avait été mandatée, avec sept autres combattants du PKK, pour rentrer en Turquie et proposer une paix aux autorités. Emprisonnée à son arrivée, elle avait repris, à sa sortie, les chemins de la lutte politique légale et n’a jamais abandonné le terrain depuis les années 2000.
«La période que nous vivons me rappelle en partie le «groupe pour la paix» en 1999», se souvient cette femme qui connaît intimement les rouages de l’Etat turc. «A peine entrés sur le territoire, nous avons été jugés et mis en prison. Après notre sortie, j’ai continué mon combat et j’ai été à nouveau jugée à plusieurs reprises pour mes activités», confie-t-elle.
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Depuis 2013, Claude Darbellay et Michèle Courvoisier célèbrent les noces des mots et des notes sur les cimes valaisannes. Lundi, Alice Botelho et Chloé Falcy ont captivé l’audience, tandis que le violoniste Dmitry Smirnov et le pianiste Sergei Redkin l’ont enflammée
Cent cinquante personnes massées dans la petite salle bourgeoisiale de Saint-Luc. Assis sur des bancs devant de longues tables en bois, façon élèves d’autrefois, les spectateurs n’ont manqué aucun des propos, fins, ciselés, de Chloé Falcy et Alice Botelho. Deux jeunes autrices romandes qui, chacune à sa manière, ont plongé dans l’univers parfois violent des internements psychiatriques, en quête de lumière.
Depuis 2013, le Festival du Toûno a cette qualité: offrir durant une semaine de vastes extraits d’œuvres littéraires lus par des comédiens, tout en rencontrant leurs auteurs. Et poursuivre les festivités avec un concert de qualité, ainsi qu’un opéra, traditionnellement le jeudi soir, dans l’église de Vissoie. Lundi, Dmitry Smirnov et Sergei Redkin ont enflammé la salle communale de Saint-Luc avec, notamment, une interprétation décoiffante du Divertimento de Stravinsky.
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La commission de l’économie du Conseil des Etats rejette nettement une disposition demandée par les syndicats dans le cadre du paquet d’accords avec l’UE. Elle est jugée trop rigide par le camp bourgeois
La mesure controversée garantissant la protection des salaires, dans le cadre du paquet d’accords avec l’UE, vacille. La commission de l’économie du Conseil des Etats la rejette par 8 voix contre 4 et 1 abstention, jugeant qu’elle ne concerne pas directement le paquet.
«La mesure 14» vise une meilleure protection du partenariat social au niveau de l’entreprise. La demande, émanant des syndicats, avait été vivement critiquée par le camp bourgeois.
Dans le détail, elle concerne les représentants élus des travailleurs, les membres d’un organe paritaire de gestion d’une institution de prévoyance et les membres de comités nationaux de branches disposant d’une convention collective de travail étendue. Lorsqu’un employeur a l’intention de licencier l’une de ces personnes, il doit engager une procédure de préavis avec celle-ci, dans le but de trouver une solution et d’éviter le licenciement.
Une minorité craint que la Suisse ne figure sur la liste noire de l’Organisation internationale du travail sans cette adaptation, indiquent mardi les services du Parlement.
Une motion déposée à Berne, une enquête auprès des entrepreneurs, un cas d’école de délocalisation forcée et possiblement une pétition. L’USAM met tout en œuvre pour revenir au statu quo ante – avant la «Lex On», quand seuls les fabricants en Suisse avaient le droit de mettre l’emblème national sur leurs produits
L’Union des arts et métiers (USAM) n’a pas l’intention de faire une croix sur le Swissness. Le lobby des PME suisses a tenu ce mardi à Berne une conférence de presse au titre éloquent: «La croix suisse s’égare? La nouvelle pratique de l’IPI sous la loupe». L’IPI, c’est l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle. Et si la petite «+» helvétique s’égare, c’est parce que la loi sur le Swissness a fait l’objet d’une «précision» en mars dernier, qui permet d’apposer l’emblème national sur des produits qui ne sont pas fabriqués dans le pays, pour peu qu’ils aient été développés ou conçus en Suisse.
L’équipementier de sport zurichois On est directement impliqué dans cette révision de la loi, qui autorise ce que le fabricant faisait arbitrairement depuis sa création en 2010: mettre le précieux symbole sur des chaussures produites en Asie. Hasard du calendrier, le groupe a publié ce mardi ses résultats intermédiaires: chiffre d’affaires en hausse de 14% sur six mois à 1,68 milliard de francs.
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Le conseiller aux Etats genevois revient à la tête de l’association sur fond de tensions internes, faisant entrer au comité l’ancien patron de la Santé vaudoise. De quoi assurer aux deux promoteurs de la caisse unique une belle visibilité à un an des élections fédérales
Vives tensions à l’Association suisse des assurés (Assuas). La semaine dernière, l’association ancrée à Genève annonçait le retour à sa présidence du conseiller aux Etats genevois Mauro Poggia, ainsi que l’arrivée au comité de l’ancien patron de la Santé vaudoise, le socialiste Pierre-Yves Maillard, qui siège lui aussi au Conseil des Etats. Une élection validée en assemblée générale, mais qui a pris des allures de putsch à la suite de l’opposition de l’équipe sortante.
Le conflit couve depuis plusieurs mois. Au printemps, Mauro Poggia manifeste sa volonté de revenir à la tête de l’Assuas sur laquelle il avait eu la main au tournant des années 2000. Le comité en place, présidé par l’avocat genevois Romain Jordan, lui propose alors d’être son représentant à Berne. Refus agacé de l’élu MCG. A ce stade de sa carrière, il n’entend pas «porter les valises de quelqu’un d’autre», comme il l’a dit à la RTS. Le dialogue se tend. Mauro Poggia se retrouve exclu de l’association et menacé d’une descente de police si l’envie lui prenait de participer à l’assemblée générale en juin. Il s’y rend malgré tout. La police est appelée mais elle quitte rapidement les lieux après avoir reconnu l’ancien ministre de la Sécurité (2018-2023).
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Dans «Notre-Dame-des-Démolies», Olivier Vonlanthen brise le carcan du fait divers pour atteindre la détresse d’une femme devenue meurtrière. Il replace son geste dans un réseau de culpabilité beaucoup plus large
Déplier, par l’écriture, un fait divers tout entier serré autour des quelques éléments retenus par la police et la presse de l’époque. S’approcher, grâce aux rares archives, aux quelques souvenirs familiaux, et à la littérature surtout, de Marthe, la femme de chambre fribourgeoise de 37 ans qui a tué «sauvagement» sa patronne à coups de couteau, un matin de janvier 1968, à Montpellier. Notre-Dame-des-Démolies, premier roman d’Olivier Vonlanthen, creuse, imagine, ce qui se tient, ou a pu se tenir, sous le mot de «démence», posé sur Marthe et son geste, sept lettres qui déploient «tout un horizon de silences, sept lettres d’interdit, un mot sanction d’impuissance, un mot prison».
Olivier Vonlanthen vient de la poésie. Son premier recueil, Ossuaires (Ed. Empreintes) a reçu le Prix C. F. Ramuz en 2022. Notre-Dame-des-Démolies vient de recevoir le Prix Terra Nova de la Fondation Schiller lors du Festival international de littérature de Loèche-les-Bains et se trouve toujours en lice pour le Prix Roman des Romands, le Prix franco-suisse Lettres Frontières et le Prix du roman noir des médiathèques de Grand Cognac.
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«D’un livre à l’autre», du photographe et écrivain Bernard Plossu, retrace une vie de voyages et de rencontres nourris par d’heureux hasards
Comme l’on a pu dire de Saul Steinberg qu’il était un écrivain qui écrivait en dessinant, Bernard Plossu est un écrivain qui écrit en photographiant, à en croire les quelque 300 livres qu’il a publiés, depuis 1970 jusqu’à nos jours. Et comme tout narrateur, Bernard Plossu raconte des histoires, en commençant par la sienne, celle d’un enfant de l’après-guerre qui découvre la photographie, tout juste adolescent, et sera fidèle à ce qui deviendra très vite la grande passion de sa vie liée au voyage, élément fondamental de son art de vivre.
En 1958, il accompagne son père au Sahara et commence à photographier avec un Kodak Brownie Flash. En 1970, il publie aux Editions La Palatine son premier livre: Pourquoi n’êtes-vous pas hippie?
Assis dans son bureau aux murs tapissés de livres de sa maison de La Ciotat, d’une voix douce, il livre ses impressions: «Mes livres ont été publiés aux Etats-Unis, en Belgique, au Portugal, au Mexique, en Espagne, en Italie, en Grèce, et petit à petit s’est composée une œuvre gigantesque… dès Le Voyage mexicain 1965-1966 (publié en 1979 aux Editions Contrejour et réédité en 2023 avec l’album Jungle) c’est la forme du livre qui m’a permis de raconter des histoires. Jungle est le récit d’une expédition anglaise en 1966. Nous étions à la recherche d’un temple maya, dans le Chiapas, au Mexique, nous avons descendu les trois rivières Jatata, Lacantun et Usumacinta et vécu chez les Indiens Lacandons. Tout au long de ma – désormais longue – vie, le livre m’a permis d’écrire et de partager les aventures, les voyages, la poésie que j’ai eu la chance de faire et de vivre.»
Même s’il n’est d’aucune école, Plossu, qui a traversé plusieurs époques sans s’être jamais renié, a indéniablement ses racines dans la photographie humaniste; on retrouve chez lui la veine du réalisme poétique de son ami Willy Ronis, cette beauté humble et évidente, qui s’offre au regard dans toute sa nudité, capturée comme par surprise; le sujet rencontre l’œil du photographe par un heureux hasard, cet autre mot pour dire la liberté qui inonde ces livres d’un air frais. Mais l’élément le plus frappant chez Plossu, c’est la force du sentiment qui habite ses images: l’amour, l’amitié sont sur tous les visages, dans tous les paysages, sur tous les objets.
On a parfois dit de son œuvre qu’elle était «feuilletonesque» et c’est bien l’inépuisable feuilleton de la vie qu’il interprète et illustre dans toute sa variété. Les personnages, les paysages et les objets traversent les pages de ses livres avec une présence toute particulière: Graciella sur la plage, de nuit, à Acapulco; les nomades peuls bororos chantant dans le désert dans le Sahel; une tête de bison empaillée à l’arrière d’un pick-up Truck sur une piste au Nouveau-Mexique; l’autoportrait en palmier; la chambre d’Isidore Isou, le poète lettriste venu de Roumanie, ou celle d’Albert Cossery, le romancier franco-égyptien qui passa la plus grande partie de sa vie à l’Hôtel La Louisiane à Saint-Germain-des-Prés… Le feuilleton fait défiler les images d’un «cinéma fixe» sur la route qui se déroule à l’infini, la photographie de Plossu est un inépuisable road movie.
Il se souvient: «Les éclats de rire de nos enfants, Françoise [son épouse, la photographe Françoise Nuñez] si heureuse, la plage l’hiver à La Ciotat, les îles grecques à la saison morte, et même la Foire du Trône à Paris ou encore la beauté fière et âpre des femmes méditerranéennes… une vie.»
«Ce livre est né d’une plaisanterie, dit Juliette Gourlat, son éditrice et amie de quarante ans. Nous venions de publier un catalogue raisonné sur les tracts du mouvement lettriste… Comme nous évoquions les livres publiés par Bernard depuis 1970, on s’était dit que ce serait amusant de faire un catalogue raisonné… Puis au fur et à mesure que nous recomposions l’histoire de ces livres, il devint évident qu’on tenait un sujet intéressant… Et nous fîmes ainsi un livre qui raconte l’histoire de ses livres.» Le résultat, comme toujours avec Plossu, est une invitation au voyage à travers les époques d’une vie et les deux hémisphères, avec des images qui racontent la vie tels des baisers volés.
D’un livre à l’autre. Un album photographique de Bernard Plossu, texte de Guillaume Geneste. Ed. Marval, 226 p.
Lors de la deuxième journée d’audience, les juges ont interrogé l’ancien directeur général de Raiffeisen. Les notes de frais excessives et l’implication du banquier dans des sociétés vendues plus tard à la coopérative saint-galloise étaient au centre des questions
L’ambiance a changé lors de la deuxième journée du procès en appel de Pierin Vincenz et des cinq autres prévenus. Alors que la veille, l’ancien patron de la banque Raiffeisen semblait encore confiant et impassible, son attitude s’est modifiée au fur et à mesure de l’audience.
«Je vous conseille de vous asseoir, les questions risquent de prendre du temps», indique le juge Christian Prinz à Pierin Vincenz. Ce dernier prend place et l’interrogatoire démarre. «Comment allez-vous aujourd’hui?» demande le magistrat. «Je vais bien merci, un peu tendu», déclare celui qui a fait appel contre sa peine de prison de 3 ans et 9 mois, prononcée par un tribunal de première instance en 2022.
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Alors que se profile l’éclipse solaire du 12 août, l’engouement pour cet événement spectaculaire a vidé les stocks de lunettes protectrices. Des files d’attente de plusieurs centaines de personnes se forment devant les derniers magasins à en vendre
ÉDITORIAL. Une commission du Conseil des Etats reporte de nouveau sa position sur le renforcement des fonds propres d’UBS. L’hypermédiatisation de cette disposition ne doit pas occulter d’autres mesures indispensables pour éviter une nouvelle débâcle bancaire
Il faut s’en réjouir plutôt que s’en inquiéter: le nouveau report de la décision de la Commission de l’économie et des redevances sur la «Lex UBS» témoigne de l’attention portée à cette pièce centrale de l’édifice qui doit éviter un nouveau sauvetage d’une banque suisse «trop grande pour faire faillite».
Une solution médiane existe, sous la forme d’apports en AT1 d’une partie des fonds propres supplémentaires exigés pour couvrir à 100% les filiales détenues à l’étranger par UBS. L’établissement représente la seule banque suisse d’importance systémique internationale depuis l’absorption de Credit Suisse en 2023. Le hic, c’est que justement, ces titres hybrides, à mi-chemin entre obligations traditionnelles et actions, ont alors été annulés, entraînant des pertes de quelque 16 milliards de francs pour leurs détenteurs. Lesquels n’ont pas manqué de contester l’opération, obtenant gain de cause il y a un an devant le Tribunal administratif fédéral (TAF). Saisi, le Tribunal fédéral devra trancher. Son jugement est attendu mais on ignore quand il sera rendu.
Espérons que cette insécurité sera levée au plus vite, car, même si ces instruments restent très prisés des investisseurs, l’incertitude nuit évidemment au compromis qui est sur la table, Or il représente à ce jour la meilleure solution au dur bras de fer qui oppose la grande banque au Conseil fédéral, emmené par la ministre des Finances, Karin Keller Sutter. On peut s’énerver de la pression qu’UBS exerce sur le pouvoir politique, mais il faut concéder à ses dirigeants qu’il est de leur devoir de veiller à l’attractivité de leur entreprise dans un environnement international très exigeant.
Sans compter que la pérennité du groupe ne dépend pas de la seule solidité de ses fonds propres. Osons même affirmer que d’autres mesures telles que l’introduction d’un Senior Managers Regime, rendant les dirigeants responsables de leurs manquements, sont aussi cruciales. Il est d’ailleurs regrettable que toute la réforme n’ait pas été transmise au parlement en même temps pour que celui-ci bénéficie d’une vision d’ensemble du dispositif d’encadrement de la grande banque.
Seront surtout déterminants la confiance et les moyens alloués à la Finma, autorité de surveillance du mastodonte né de l’amateurisme qui a trop souvent prévalu jusqu’en 2023. Comme nous le soulignions déjà il y a 2 ans, une place financière forte va de pair avec un gendarme financier puissant. Trouver un compromis sur le renforcement des fonds propres représente ainsi une condition nécessaire mais pas suffisante pour superviser UBS. L’hypermédiatisation de cette mesure ne doit pas le faire oublier.
La Commission de politique de sécurité du Conseil national accepte, après celles des Etats, une enveloppe additionnelle pour les avions de combat. Et rajoute 500 millions pour des munitions
Après le Conseil des Etats, la Commission de la politique de sécurité du National a validé 394 millions de francs supplémentaires pour les avions de combat F-35, dans le cadre du message sur l’armée 2026. Elle propose en outre 500 millions additionnels pour des munitions, par 11 voix contre 9 et 4 abstentions.
Au total, le Conseil fédéral demande 3,4 milliards de francs, mettant la priorité sur l’extension de la défense sol-air, la protection contre les mini-drones et le cyberespace. Le Conseil des Etats a déjà donné son feu vert à tous les crédits.
La commission du National va dans le même sens. Selon elle, «il est indispensable d’augmenter la capacité de défense de l’armée et de renforcer la défense contre les menaces les plus probables, à savoir les attaques à distance et les conflits hybrides», indiquent mardi les services du parlement.
Concernant l’achat d’au moins 30 jets F-35, la commission approuve le crédit additionnel, par 16 voix contre 8 et 1 abstention. Il s’agit «d’exploiter pleinement le volume de financement approuvé par le peuple suisse pour l’acquisition d’avions». Une minorité estime au contraire que le montant supplémentaire ne résoudra pas les problèmes de fond et qu’il faudrait affecter les ressources disponibles à des domaines où elles permettraient directement d’accroître la sécurité.
La commission a toutefois refusé, par 13 voix contre 10 et 1 abstention, d’acquérir 36 jets, comme prévu à l’origine, et d’augmenter en conséquence le crédit additionnel de 650 millions de francs. Elle a encore rejeté d’autres propositions relatives aux surcoûts liés au renchérissement.
Concernant les 500 millions supplémentaires destinés à l’achat de munitions pour la défense sol-air de moyenne et de longue portée, ainsi que pour des systèmes d’appui de feu indirect à moyenne distance, la commission juge nécessaire de reconstituer les réserves de munitions le plus rapidement possible. D’autant plus qu’en raison de la forte demande, les délais de livraison s’allongent et les prix grimpent.
Une minorité s’oppose à cette proposition pour des raisons financières. Au final, le programme d’armement 2026 a été approuvé par 16 voix contre 3 et 6 abstentions.
Quant au programme immobilier, la commission soutient, par 17 voix contre 0 et 8 abstentions, tous les projets proposés, pour un montant total de 562 millions de francs. Diverses propositions ont été rejetées, visant par exemple à davantage réduire le bruit des aérodromes militaires. Le National empoignera le message sur l’armée à la session d’automne.
Il y a 50 ans, la mission Viking ouvrait l’ère de l’exploration à la surface de la planète rouge. Depuis, de multiples astromobiles lui ont succédé, apportant à la découverte de ses reliefs une dose de mobilité. Une ère loin d’être terminée, puisque la Chine et l’Europe projettent d’y envoyer de nouveaux engins en 2028
Il existe trois espèces de Martiens. Les êtres plus ou moins verts inventés par la science-fiction constituent la première. La deuxième est composée des scientifiques se consacrant à l’étude de Mars, parmi lesquels on compte le planétologue français Sylvestre Maurice – «Quand je me présente dans les écoles pour des conférences, je dis que je suis un Martien», confirme-t-il. La troisième espèce descend de la précédente: elle regroupe les machines nées sur Terre qui se sont posées sur la planète rouge. La seule planète du Système solaire qu’arpentent uniquement des robots.
Si l’on met de côté la mission soviétique Mars 3, avec laquelle le contact a été perdu quelques secondes après son atterrissage en 1971, le premier de ces Martiens mécaniques fut Viking 1, posé dans la plaine de Chryse Planitia il y a 50 ans, le 20 juillet 1976, et suivi quelques semaines plus tard par son frère jumeau, Viking 2.
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Seuls 400 à 500 golfeurs dans le monde vivent confortablement de leur discipline. Trois amateurs suisses racontent leur préparation à ce métier où la compétition est permanente et le risque de perdre sa carte, réel
Les meilleurs golfeurs et golfeuses de la planète sont aussi, à une écrasante majorité, des universitaires. Car les campus américains constituent la voie royale vers cette profession qui pousse la méritocratie à l’extrême, seuls 400 à 500 athlètes, masculins et féminins, gagnent confortablement leur vie grâce au golf, dans le monde. Le golf de plus haut niveau offre la possibilité de rencontrer gloire et fortune, mais présente aussi le risque de perdre chaque année la carte qui donne accès aux circuits pros. Et de rentrer à la maison les vendredis soir, sans être payé, si l’on n’est pas assez compétitif en tournoi. Comment se prépare-t-on à ce monde particulier? Les expériences de trois très bons amateurs, rencontrés lors des interclubs suisses disputés à Bossey, près de Genève, et à Lausanne le week-end dernier.
Réalisé en France et primé à Cannes, «Soudain», du précieux cinéaste japonais Ryūsuke Hamaguchi, rivalise avec son mémorable «Drive My Car» pour offrir une expérience de cinéma inoubliable
C’est entendu, il n’est jamais simple de bloquer un total de quatre heures pour une sortie cinéma. Mais si cela a été possible pour Les Rayons et les ombres de Xavier Giannoli, cela doit l’être encore plus pour ce film miraculeux qu’est Soudain, de Ryūsuke Hamaguchi, qui affiche une durée comparable de 3 heures 16. Un film insensé pour de toutes autres raisons, à commencer par le fait qu’il ne ressemble à quasiment rien de connu. Primé à Cannes à travers ses deux actrices, Virginie Efira et Tao Okamoto, il aurait largement mérité la Palme d’or. Et on se porte garant que quiconque tentera l’expérience en sortira au moins épaté, plus vraisemblablement encore bouleversé. Mélange d’audace et d’évidence, le cinéma de l’auteur de Drive My Car et Le mal n’existe pas, 47 ans, est en effet aussi le plus bienveillant qu’on puisse imaginer, réparateur et porteur d’espoir. Et ce, sans avoir recours à la moindre facilité.
Il fallait déjà un certain courage pour imaginer un long métrage qui se déroule pour l’essentiel dans un Ehpad (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, l’équivalent français de nos EMS). Pas une comédie pour s’en échapper, mais un film dramatique qui se demande très sérieusement, avec sa directrice, comment améliorer une situation insatisfaisante pour tous, le personnel soignant autant que les résidents patients et leurs proches. A ce problème, la combative Marie-Lou Fontaine, (Virginie Efira), en accord avec son directeur administratif, pense avoir trouvé la solution dans «l’humanitude», une philosophie de soin doublée d’une méthode d’accompagnement imaginée dans les années 1990.
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Virginie Efira a été honorée par le Locarno Film Festival, qui a projeté en avant-première «Soudain», de Ryūsuke Hamaguchi, en salles ce mercredi. Lors d’une conversation publique, l’actrice belge est revenue sur l’aventure de ce film qui marquera durablement sa carrière
«Je suis prête à faire tout le reste de ma carrière avec lui, je veux bien être sa Gena Rowlands.» Venue présenter il y a quelques jours à Locarno, en avant-première, Soudain, le plus beau film vu depuis le début de l’année, et qui le restera probablement, Virginie Efira a évoqué avec enthousiasme son travail avec Ryūsuke Hamaguchi. La manifestation tessinoise en a profité pour décerner à l’actrice belge un Leopard Club Award, et ce n’est que justice tant elle irradie depuis une quinzaine d’années le cinéma français, entre comédies sociales et films d’auteur.
L’entendre évoquer sa collaboration avec le réalisateur de Contes du hasard et autres fantaisies (2021), Drive My Car (2021) et Le mal n’existe pas (2023), qui a pour la première fois quitté le Japon pour venir tourner en France, faisait d’autant plus sens que c’est au Tessin qu’il a été découvert, avec Senses en 2015, un long métrage d’une durée de 5 heures 17 qui avait valu à ses quatre interprètes le Prix d’interprétation féminine. Soudain, lui, ne dure «que» 3 heures 16. Mais le récit est d’une telle intensité émotionnelle qu’à la fin de la projection, on n’a qu’une envie, prolonger l’expérience. «S’il reste un peu de croyance dans l’humanité, ce film la ravive de la plus belle des manières», résume Virginie Efira.
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Environ 2800 ressortissants suisses sont enregistrés en Colombie en tant que Suisses de l’étranger, notent les Affaires étrangères, qui n’ont pas connaissance de victimes helvétiques. La Suisse se dit prête à aider
Après le séisme meurtrier qui a frappé la Colombie dans la nuit de lundi à mardi, les autorités suisses suivent de près la situation et se déclarent prêtes à apporter leur aide. Pour l’heure, à la connaissance du Département fédéral des affaires étrangères, aucun ressortissant suisse ne figure parmi les morts.
Le pays a vécu son séisme le plus meurtrier du siècle. Il a fait au moins 240 morts et plus de 1300 blessés. Le tremblement de terre d'une magnitude de 7,4, survenu lundi en début de matinée avec pour épicentre le département pauvre du Choco, sur la côte Pacifique, a causé d'importantes destructions dans l'ouest du pays.
Environ 2800 ressortissants suisses sont enregistrés en Colombie en tant que Suisses de l’étranger, précise le DFAE. Et sur la plateforme Travel Admin, quelque 130 personnes se sont enregistrées en tant que voyageurs, précise-t-il. Le DFAE ajoute que la représentation suisse à Bogota est en contact avec les autorités compétentes sur place. Il ne dispose actuellement d’aucune information concernant d’éventuelles victimes suisses. Des vérifications sont en cours.
Les services compétents examinent aussi si et sous quelle forme la Suisse peut apporter son aide. Cela inclut également la possibilité d’envoyer des spécialistes. A l’heure actuelle, aucune information ne peut encore être fournie concernant une intervention concrète, indique un porte-parole du DFAE.
La Croix-Rouge suisse se tient, elle aussi, prête à apporter son aide après ce violent séisme, «en soutien de l’action d’urgence de la Croix-Rouge locale, mobilisée dès les premières heures, en lui fournissant des fonds et du personnel spécialisé», écrit mardi dans un communiqué la CRS. Elle évalue pour l’heure les besoins d’aide en collaboration avec ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Des milliers de bénévoles de la Croix-Rouge colombienne se mobilisent pour venir en aide aux personnes touchées dans des opérations de recherche et de sauvetage. C’est une course contre la montre pour retrouver les survivants sous les décombres. Les blessés ont besoin de soins médicaux. Des milliers de personnes ont besoin d’un toit et de biens de première nécessité, relève la CRS.
Le port de Gênes est le premier d’Italie. La dessinatrice Alessandra est partie à la rencontre d’un collectif de ses porteurs et ouvriers, à la longue tradition syndicale
Pour mon projet de BD-Reportage sur le CALP (Collectif autonome de travailleurs portuaires), je me rends souvent au port pour faire des interviews.
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Ce mardi soir, Valérie Dittli n’a pas annoncé si elle briguerait un nouveau mandat. Une nouvelle échéance manquée qui maintient Le Centre Vaud dans l’incertitude, alors qu’une affaire de faux document avive ses divisions
Trois heures de discussions n’auront pas suffi à lever l’inconnue qui paralyse Le Centre Vaud. Réunie mardi soir à Renens avec le comité de présidence de son parti, Valérie Dittli n’a pas annoncé si elle briguerait un nouveau mandat au Conseil d’Etat en 2027. Peu avant 22 heures, la ministre a quitté les lieux à vive allure, indiquant simplement aux quelques journalistes présents qu’elle communiquerait «le moment venu».
«Nous n’avons malheureusement pas obtenu de réponse», confirme Giancarlo Sergi, une heure plus tard. Le président du Centre Vaud espérait pourtant que cette réunion permettrait à la conseillère d’Etat de clarifier ses intentions. Elle s’est finalement engagée à prendre publiquement position «dans les prochains jours», sans promettre de date précise. «C’est normal de lui laisser ce choix. Ce n’est pas au comité de communiquer à sa place», tempère le président.
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Voulant absorber le vénérable studio Warner, David Ellison, patron de Paramount, envisage de déplacer le siège de son groupe pour échapper à des procédures californiennes contre cette fusion. Ce qui glace encore plus le sang de la branche et des autorités locales
Nouvel épisode dans le feuilleton du rachat de Warner Bros. Discovery (WBD) par Paramount. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a accusé mardi ce dernier groupe de chantage, après des fuites indiquant que le studio envisage de quitter Hollywood si un accord n’est pas trouvé pour lui permettre de mettre la main sur WBD.
Après une bataille contre Netflix, aussi intéressée, Paramount a convaincu les actionnaires de WBD de se vendre à lui. Label historique de Hollywood, Warner comprend les studios du même nom et leur énorme catalogue (dont les franchises de Harry Potter ou du Seigneur des anneaux, l’univers DC Comics avec Batman et Superman), HBO Max et ses séries de prestige (des Soprano à Game of Thrones), ainsi que les chaînes de TV classiques CNN et CBS.
Soutenue par des fonds souverains du Golfe, l’opération lancée par David Ellison, qui a acheté Paramount l'année passée, s’élève à 110 milliards de dollars. C'est la plus grosse transaction dans l'histoire récente du divertissement.
Paramount «revient maintenant à la charge avec une nouvelle tentative de faire chanter l’Etat pour laisser passer un accord illégal», a dénoncé Rob Bonta, en estimant que «ça ne marchera pas».
Paramount pensait avoir fait le plus dur ces derniers mois en obtenant le feu vert du ministère américain de la Justice, qui n’a rien trouvé à redire à cette fusion. Mais cette opération déplaît à une large partie d’Hollywood, qui redoute que ce mariage entre deux des cinq plus grands distributeurs de films ne débouche sur des suppressions d’emplois massives dans l’industrie du cinéma.
Arguant d’une entorse aux lois sur la concurrence, la Californie et onze autres Etats américains ont déposé en juillet un recours en justice pour stopper ce rachat. Une juge a estimé que leurs arguments étaient assez solides pour justifier un procès, qui aura lieu en mars.
En attendant, la fusion est suspendue. Un problème pour David Ellison, qui s’est engagé à verser 7 millions de dollars par jour aux actionnaires de WBD si la transaction n’est pas menée à bien d’ici au 30 septembre.
Notre dernier article en date: Les levées de boucliers se multiplient contre l’achat de Warner Bros. par Paramount
Face à cette date butoir, le patron de Paramount Skydance a récemment présenté un plan quinquennal pour déménager l’entreprise de Californie à partir du 1er octobre, selon le magazine Variety, qui cite des sources proches du dossier. Le siège de l’entreprise pourrait être relocalisé en Géorgie, au Texas – où s'est réimplantée Tesla – ou au Tennessee, selon ces sources.
Un éventuel départ de Californie provoquerait probablement une vague de démissions parmi les créateurs du studio, réticents à quitter le cœur de l’industrie américaine du cinéma.
Cette guerre des mots intervient quelques jours après que le Royaume-Uni a donné son feu vert au rachat, levant ainsi un obstacle international majeur à cette fusion, également approuvée par l’Union européenne.
Outre le cinéma, l’industrie médiatique s’inquiète plus largement de cette fusion. Si elle aboutit, la famille Ellison, proche de Donald Trump, contrôlerait deux chaînes d’information, CBS News et CNN, honnies par le président américain.
MON EUROPE À MOI. Tendance à l’uniformité, absence de délégation du pouvoir et usine à règlements: l’Union européenne et le projet d’accord avec la Suisse ne font pas rêver la PLR Phyllis Scholl, présidente de la commune zurichoise de Kilchberg
Sur la rive gauche du lac de Zurich, la présidente de la commune de Kilchberg et ses près de 10 000 habitants Phyllis Scholl est une des voix dissonantes au sein du PLR. L’avocate d’affaires spécialisée dans les domaines de l’énergie et des infrastructures s’oppose au paquet d’accords ficelés entre la Suisse et l’Union européenne, actuellement débattu aux Chambres fédérales et sur lequel le peuple devra se prononcer. Avec deux autres entrepreneuses, elle a récemment créé «Her Voice», un mouvement qui vise à faire davantage entendre les voix féminines sceptiques face à l’Union européenne sans toutefois se reconnaître dans la rhétorique virulente de l’UDC. Attachée à la démocratie directe et à la souveraineté de la population, l’élue dresse un portrait critique de la construction européenne.
La conseillère nationale Jessica Jaccoud a annoncé sa candidature pour le Conseil d'Etat. Le Lausannois Samuel Bendahan et l’Yverdonnoise Brenda Tuosto pourraient eux aussi se lancer dans la course. Le congrès du PS décidera le 26 septembre qui accompagnera Roger Nordmann sur le ticket
Jessica Jaccoud vise le Conseil d'Etat vaudois. L’actuelle conseillère nationale a annoncé sa candidature à la candidature socialiste, samedi dans les colonnes du journal «24 Heures».
L’avocate de 42 ans est active en politique depuis plus d’une décennie. Elle a siégé au sein du Grand Conseil vaudois de 2014 à 2023, année de son élection au Conseil national. Jessica Jaccoud a également été présidente du PS Vaud de 2018 à 2022.
La citoyenne de Berolle espère faire partie du ticket socialiste formé de trois candidats, en compagnie de l’actuel conseiller d’Etat Roger Nordmann, élu en mars dernier lors d’une élection complémentaire. Le ticket socialiste sera désigné lors du congrès extraordinaire du parti, le 26 septembre à Aubonne. Deux autres conseillers nationaux socialistes pourraient se lancer dans la course, le Lausannois Samuel Bendahan et l’Yverdonnoise Brenda Tuosto. Le municipal d’Aigle Stéphane Montangero et le chef du groupe socialiste au Grand Conseil, Sébastien Cala, ont déjà annoncé qu’ils ne seraient pas candidats.
Jessica Jaccoud ambitionne de succéder à Nuria Gorrite, qu’elle désigne comme sa marraine en politique. La citoyenne de Morges a choisi de quitter son poste, en 2027, au terme de son troisième mandat de 5 ans. En cas d’élection à l’Exécutif cantonal, Jessica Jaccoud quitterait alors son mandat au sein des Chambres fédérales.
Dans les colonnes de «24 Heures», Jessica Jaccoud explique les raisons de sa candidature à la candidature. Pour elle, «le Canton de Vaud doit ouvrir un nouveau chapitre, orienté sur les citoyens et leur quotidien plutôt que sur les crises interpersonnelles des ministres de l’alliance de droite.»
«Le Parti socialiste a un rôle majeur à jouer pour permettre à tout le monde d’aborder les fins de mois sans avoir la boule au ventre», ajoute-t-elle. «Il faut aussi cesser d’octroyer des passe-droits fiscaux aux puissants. Durant la législature qui s’achève, plusieurs baisses d’impôts ont déjà été accordées au détriment de la classe moyenne. Et c’est encore plus scandaleux d’envisager d’en accorder encore à ceux qui ont déjà bénéficié de la mauvaise application du bouclier fiscal.»
Au sein des autres partis, les conseillers d’Etat actuels PLR Frédéric Borloz, Isabelle Moret et Christelle Luisier et Vassilis Venizelos (Les Vert-e-s) ont tous annoncé briguer un nouveau mandat. Quant à Jean-François Thuillard, il sera le candidat de l’UDC, alors que les Vert’libéraux présenteront Virginie Cavalli.
Reste à connaître la position de Valérie Dittli (Le Centre). Elle a rappelé vendredi que son parti déciderait de sa stratégie pour le Conseil d'Etat le 2 septembre, mais une réponse sur ses intentions est attendue ces prochains jours.
Le premier tour de l’élection à l’exécutif vaudois est fixé au 28 février 2027. Le second tour se déroulera trois semaines plus tard.
La collection municipale de la ville dialogue avec trois artistes d'aujourd'hui, Selim Boubaker, Coline Ladetto, Emma Lucy Linford. Une exposition flâneuse, qui propose une «errance» joyeuse et vagabonde entre ciel et monts
La Ferme Asile à Sion n’est pas seulement une ferme transformée en centre artistique, c’est aussi un lieu en ville, une «Grenette» – ces galeries du XIXe siècle qui abritaient jadis un marché couvert. Sous les arcades, un café et une fromagerie et un panneau qui indique: espace d’exposition. On grimpe et on se retrouve dans une enfilade de salles, sur deux niveaux avec de hautes fenêtres. On peut y voir A L’errance de nos pas, une proposition d’Isaline Pfefferlé. Historienne de l’art – elle a signé notamment, avec Maéva Besse, L’Ecole de Savièse, autrement chez art &fiction –, celle qui est aussi conservatrice de la collection d’art de la ville de Sion est en l’occurrence, la commissaire de l’exposition invitée par la Ferme Asile.
La grande fête jurassienne du cheval a été marquée dimanche par la première participation de Berne en tant qu’hôte d’honneur. Ce rapprochement avec le Jura, après des années de tensions, ne fait pas oublier les difficultés que doivent affronter les éleveurs de franches-montagnes
Trois bannières dressées par des cavaliers en costume d’apparat flottent sur le champ de courses du Marché-Concours de Saignelégier. Celle de la Suisse, entourée des étendards de Berne et du Jura. Ce tableau a priori anodin pour une manifestation qui accueille chaque année un invité d’honneur revêt cette année une dimension hautement symbolique. Berne n’avait jamais occupé cette place jusqu’ici, en raison des tensions qui ont opposé les deux cantons durant des décennies autour de la Question jurassienne. Elle est aujourd’hui institutionnellement réglée, le transfert de Moutier dans le Jura est entré en vigueur le 1er janvier dernier. Les gouvernements bernois et jurassien travaillent désormais à normaliser leurs relations. La présence inédite de deux conseillers fédéraux, la socialiste jurassienne Elisabeth Baume-Schneider et l’UDC bernois Albert Rösti, appuie cet instant solennel.
La matinée s’ouvre sur une grande parade de 400 chevaux, suivie d’une présentation en plusieurs tableaux des talents équestres bernois. L’occasion de constater que parmi le public se trouvent beaucoup de policiers en uniforme, et peut-être encore plus en civil, pour assurer que la grande fête du cheval ne soit pas perturbée par des militants autonomistes. Notamment le Groupe Bélier, qui a hissé ses couleurs face à l’entrée principale du Marché-Concours. «On a l’impression que les forces de l’ordre sont plus nombreuses que les visiteurs», plaisantent des personnes à proximité de la tribune des officiels.
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Fils du conseiller aux Etats socialiste Carlo Sommaruga et petit-fils de l’ancien président du CICR, ce médecin généraliste sans appartenance politique est en première ligne pour soutenir le texte concocté par Christoph Blocher. Un engagement qui surprend et intrigue. Rencontre dans sa clinique de Genève
Rien ne prédestinait Samuel Sommaruga à devenir le visage romand de l’initiative sur la neutralité, lancée par l’ancien conseiller fédéral UDC Christoph Blocher et soumise au vote le 27 septembre prochain. Mardi dernier à Berne, la présence de ce médecin généraliste de formation, sans appartenance partisane, lors de la conférence de presse de lancement de campagne, en a surpris plus d’un. Elle intrigue, car si l’homme de 38 ans est encore inconnu du grand public, son patronyme résonne, y compris outre-Sarine. Le fondateur du Comité pour la Genève internationale et sa neutralité (Cogin), n’est autre que le fils de l’une des figures du parlement, le conseiller aux Etats socialiste Carlo Sommaruga, mais aussi le petit-fils de Cornelio Sommaruga, emblématique président du CICR, décédé en 2024.
Contacté par Le Temps, Samuel Sommaruga a accepté d’expliquer cet engagement. Il a donné rendez-vous dans sa petite clinique privée, spécialisée dans la médecine régénérative et de longévité, située à deux pas de Plainpalais. Dans le couloir, une petite statue du Guillaume Tell dénichée dans une brocante. «C’est une réplique de celle d’Altdorf», précise le médecin, pas peu fier de sa trouvaille. Aux murs de son bureau, d’anciennes gravures représentant le Bourg-de-Four, cœur battant de la Vieille-Ville de Genève. En bonne place trône également un imposant portrait de Cornelio Sommaruga. Une figure inspirante, à plus d’un titre. «A son enterrement, quatre amis de mon grand-père ont pris la parole: un prêtre, un rabbin, un pasteur et un imam. C’est cet esprit de dialogue que j’aimerais promouvoir», glisse-t-il.
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OPINION. Le succès économique de la place éditoriale genevoise aux XVIe et XVIIe siècles résulte d’un encadrement de l’activité plus permissif – sous certaines conditions – qu’en France ou en Italie, principales destinations des œuvres produites. L’illicite, hier comme aujourd’hui, suscite la curiosité et fait vendre, rappelle Hadrien Dami, historien du livre et spécialiste de l’édition à Genève au XVIIe siècle
L’histoire exige un effort de décentrement et de mise en cause de ce que l’on observe dans le passé pour enrichir notre compréhension du présent. Il en va ainsi de notions comme celle de censure. Le terme n’a pas toujours possédé sa signification négative actuelle d’obstacle à la communication et d’entrave à la liberté d’expression. Le concept même de liberté d’expression est un héritage du XVIIIe siècle; la censure était perçue auparavant comme un élément normal de la société, relevant de la correction morale et de la conduite disciplinaire. Censurer signifie alors moins interdire que redresser, et la censure des livres s’inscrit dans une dynamique globale de contrôle des idées et des comportements. Elle s’enracine dans l’idée selon laquelle les autorités sont responsables de prémunir la population d’un contact avec de «mauvais» livres, susceptibles de corrompre les mœurs et les croyances et, par là, l’ordre social. Aux XVIe et XVIIe siècles, rares sont les contestations du principe même d’un contrôle exercé par les autorités, politiques et religieuses, sur les discours et sur les écrits.
La ville de Genève et le canton de Vaud ont réactivé leur plan canicule avant un nouveau pic de chaleur attendu entre jeudi et vendredi. Les seniors genevois pourront se rendre dans les cinémas et piscines gratuitement
En raison du retour de fortes chaleurs, la ville de Genève et le canton de Vaud ont réactivé lundi leur plan canicule. Un pic de chaleur est attendu entre le jeudi 13 et le samedi 15 août. La vigilance reste plus que jamais de mise.
Après quelques jours d’accalmie, une nouvelle période de fortes chaleurs s’installe jusqu’au week-end prochain. Le bassin lémanique est déjà en canicule de degré 3 et un passage au degré 4 n'est pas exclu ces prochains jours, notent les autorités. Actuellement, la fin de cet épisode est identifiée entre dimanche 16 et lundi 17 août.
La répétition des périodes de fortes chaleurs ne doit pas conduire à en sous-estimer les effets sur la santé. Une attention particulière doit être portée aux personnes âgées, aux jeunes enfants, aux malades chroniques, aux personnes dépendantes ou isolées ainsi qu’à celles particulièrement exposées à la chaleur.
Les mesures de protection restent essentielles: boire régulièrement de l’eau, manger suffisamment, se rafraîchir, maintenir son logement aussi frais que possible et privilégier les efforts physiques aux heures les plus fraîches. En cas de forte transpiration, de troubles digestifs ou de signes de déshydratation, une boisson contenant des électrolytes peut être utile; en cas de doute, il est recommandé de demander conseil à un professionnel de la santé.
En ville de Genève, les plus de 65 ans peuvent bénéficier d'un suivi personnalisé, avec un contact téléphonique quotidien. Il convient de s'annoncer au numéro gratuit 0800 22 55 11.
Pour se rafraîchir, les seniors résidant sur le territoire communal peuvent aussi entrer gratuitement le matin dans les piscines des Vernets et de Varembé et l'après-midi dans les cinémas Les Scala, Le Nord-Sud et Le City. Lors des trois premières activations du plan canicule, 7432 personnes se sont rendues dans les cinémas et 1144 dans les piscines municipales, détaille la ville de Genève.
Un instructeur de l’Académie de police comparaissait la semaine dernière pour une intervention musclée alors qu’il était en congé. Son comportement a été jugé conforme aux règles, à l’exception de l’utilisation de son chien pour se sortir d’une situation tendue
«Ce chien, c’est mon binôme, c’est comme mon troisième enfant. Je le connais très bien, je savais pertinemment qu’il n’allait pas réagir à mon ordre.» Cette complicité entre un maître et son compagnon n’aura pas suffi, aux yeux de la justice, à légitimer le comportement de Didier*, agent et instructeur à l’Académie de police, lors d’une intervention tendue alors que ce dernier était en congé.
Didier comparaissait mardi dernier à Nyon pour abus d’autorité et contravention à la loi vaudoise sur la police des chiens. Lors d’une promenade dominicale avec son animal, ce policier en congé avait constaté que deux motos et une voiture roulaient sans plaque, à toute vitesse et enchaînaient les wheelings aux abords de son village, non loin de la buvette du coin où jouaient des dizaines d’enfants. Croisant plus tard les chauffards à l’arrêt, il avait décidé de les interpeller, ce que prévoit son cahier des charges, a rappelé son avocat Raphaël Mahaim en audience.
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La Commission de l’économie du Conseil des Etats se prononce mardi sur le renforcement des fonds propres d'UBS. Un premier aperçu du bras de fer qui se dessine au parlement entre une gauche qui réclame des mesures plus sévères, une droite qui plaide pour un compromis moins contraignant et Karin Keller-Sutter, qui défend son projet de «Lex UBS»
Initialement prévue pour mai, la décision de la commission a été différée de quelques mois, le temps de mener des auditions. Un premier accroc pour le Conseil fédéral, qui souhaitait avancer rapidement avec cette nouvelle législation.
Le vote de la Commission de l’économie du Conseil des Etats (CER-E), mardi, pourrait lui infliger un second revers. Très attendu, il donnera une première idée des clivages et des rapports de force politiques. D’un côté, les partisans d’une réglementation stricte imposant à UBS des exigences élevées en matière de fonds propres, conformément au projet du Conseil fédéral. De l’autre, ceux qui cherchent une solution moins contraignante afin de ne pas pénaliser excessivement UBS après le rachat de Credit Suisse.
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ANALYSE. Valérie Dittli doit annoncer mardi si elle briguera un nouveau mandat. Mais la ministre, restée injoignable lundi, ne serait pas encore prête à trancher. Sa contre-offensive de vendredi n’a pas produit l’effet escompté
«Soit il fallait aller jusqu’au bout et engager une procédure contre le Conseil d’Etat ou ses membres, soit il ne fallait rien faire. L’entre-deux est rarement une bonne stratégie. Cette fois, c’est complètement raté.» Depuis la conférence de presse de vendredi où Valérie Dittli a présenté un acte juridique pour défendre son droit d’être entendue, les critiques fusent jusque dans le propre camp de la ministre. Certains peinent à comprendre la finalité de cette manœuvre jugée sans véritable débouché.
Ses six collègues du gouvernement ont eux rejeté catégoriquement cette analyse en refusant d’écarter le rapport Meylan, comme elle le demandait. L’apaisement invoqué n’a donc pas eu lieu.
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Le vol d’une dizaine de pendulettes dimanche dernier au Musée d’horlogerie du Locle dépasse l’enjeu pécuniaire. La valeur totale des pièces dérobées est estimée par les autorités sous les 100 000 francs et elles seront difficiles à replacer sur le marché. C’est pourtant la troisième fois en vingt ans que l’institution est cambriolée
Le Musée d’horlogerie du Locle, appelé localement Château des Monts, rouvrira ses portes mercredi. Retour à la normale, donc, pour la dizaine d’employés, trois jours seulement après un cambriolage, le troisième en vingt ans. Synthèse des faits survenus dimanche dernier vers 6h15 du matin, extraits du communiqué de la ville du Locle: «En moins de cinq minutes, quatre malfaiteurs vêtus de noir, cagoulés et gantés ont fracturé la porte d’entrée nord du bâtiment, pénétré dans deux salles d’exposition et brisé des cloches de verre pour y dérober moins de dix pendules de valeur patrimoniale. Les auteurs ont ensuite rapidement pris la fuite à bord d’une puissante berline sombre.» La police neuchâteloise précise: «Puis leur trace a été perdue en direction de la France.»
Après les critiques sur le traitement de deux Polonaises abusées par un ex-député UDC, les autorités veulent identifier d’éventuels manquements. Les résultats sont attendus au printemps 2027
Le canton d’Argovie et la commune d’Untersiggenthal ont décidé de mandater une enquête externe sur la protection de deux victimes de violences sexuelles commises par un ex-député cantonal. Après les critiques sur la gestion du cas, les autorités veulent faire la lumière sur d’éventuels manquements.
L’enquête doit déterminer si les autorités impliquées ont commis des erreurs dans le traitement du dossier de deux victimes étrangères et si elles disposaient des informations nécessaires pour prendre leurs décisions, indique mardi le canton. Les commanditaires sont les départements concernés de l’Economie et de l’Intérieur ainsi que celui de la Santé et des Affaires sociales, auxquels se joint la commune d’Untersiggenthal.
L’objectif est aussi de voir si les bases légales – au niveau cantonal ou fédéral – doivent être adaptées afin de garantir un traitement adéquat des victimes et une protection plus efficace de celles-ci, écrivent les autorités argoviennes. Il s’agit en outre d’en tirer des enseignements pour l’avenir.
Le mandat sera attribué d’ici fin août 2026 et les résultats sont attendus au printemps 2027. Les procédures concernant l’aide sociale et le permis de séjour se poursuivent indépendamment de l’enquête, est-il précisé.
Après l’annonce d’une procédure pénale engagée contre l’ancien député UDC Patrick Frei, les critiques ont fusé concernant le traitement des deux victimes polonaises, une mère et sa fille, qui vivaient sous le même toit que l’agresseur présumé. Les médias ont épinglé la dénonciation par la commune à l’office des migrations, la décision d’expulsion par ce dernier et le versement d’une simple aide d’urgence.
En détention préventive depuis l’automne 2023, l’ancien élu, aujourd’hui âgé de 57 ans, est accusé d’avoir drogué à plusieurs reprises la mère et sa fille, alors mineure, ainsi qu’une troisième femme afin d’en abuser sexuellement. Le parquet argovien a requis à son encontre la prison à perpétuité.
Après le Valais, pionnier en la matière, canton et ville de Genève créent un poste de responsable des tournages et des aides financières. Le bout du lac se singularise par le haut montant d’incitation possible, bien plus élevé que celui des autres régions
Les demandes affluent déjà. Ce mardi, en plein Festival de Locarno, les autorités genevoises, canton et ville, ont présenté leur nouveau dispositif d’encouragement aux tournages dans la cité. Pour «attirer à Genève des productions de films et séries», et «promouvoir l’image de Genève à l’étranger, dans un contexte où la concurrence est rude», lance Delphine Bachmann, conseillère d’Etat à l’Economie, l’emploi et l'énergie. Aboutissement d’une longue démarche: depuis les premières propositions de producteurs locaux, il a fallu dix ans pour y parvenir.
Sur la base d’un vote au Grand Conseil en mai dernier, deux structures ont été créées. Au sein de Genève Tourisme & Congrès, Antoine Lejoindre, qui fut notamment régisseur général sur des tournages, est dorénavant le «Film Officer» de Genève. Une logique de guichet unique, «et rapide», promet Joëlle Bertossa, conseillère administrative de la ville chargée de la Culture: les producteurs suisses ou étrangers s’adressent à lui, qui relaie ensuite les demandes à une commission de l’audiovisuel. Ce Monsieur tournages est aussi chargé de faciliter les démarches. C’est «une conciergerie de luxe, illustre-t-il. Nous voulons faire de la simplicité un atout concurrentiel.»
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Le duo, 100% fribourgeois, quatrième par équipe aux Jeux olympiques de Paris, participe cette semaine à ses derniers Championnats du monde de concours complet. Le dernier chapitre d’une sacrée épopée qui a mis en lumière un sport encore méconnu et peu doté
La folie de Grandeur, une dernière fois. Dimanche dernier, à l’heure où l’air devient plus respirable et les autoroutes plus fréquentables, le cavalier fribourgeois Robin Godel a chargé son crack de cheval dans son camion, chez lui, à Donatyre, près d’Avenches, avant de rouler jusqu’en Allemagne, toute la nuit, en compagnie de sa coéquipière zurichoise Nadja Minder et de sa monture Top Job’s Jalisco. Direction la fin d’un chapitre. Destination les Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle.
C’est là, dans ce «Wimbledon du cheval», que le vétéran Grandeur disputera l’ultime championnat de sa carrière avant une retraite bien méritée, à Estavayer-le-Lac. A 18 ans, le demi-sang suisse, au pied sûr et à la tête bien faite – bien qu’un brin froussard –, comptera parmi les doyens de ce rendez-vous, le deuxième plus couru du milieu équestre après les Jeux olympiques.
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Le président de la Confédération lance la campagne contre l’initiative sur l’alimentation, en votation en septembre. Selon lui, le texte vise trop haut et va trop vite
Le président de la Confédération Guy Parmelin a expliqué mardi devant les médias les raisons pour lesquelles le Conseil fédéral s’oppose à l’initiative sur l’alimentation, en votation le 27 septembre. Un texte qui, selon lui, vise trop haut et va trop vite, en voulant faire augmenter de moitié le taux d’auto-approvisonnement en seulement dix ans, avec une production avant tout végétale.
Un oui à l’initiative impliquerait une diminution importante de la consommation de viande et d’œuf, a déclaré le chef du Département fédéral de l’économie. Les autorités devraient ainsi intervenir massivement dans les choix alimentaires des consommateurs. Le Conseil fédéral estime qu’une telle restriction de la liberté de choix n’est «ni souhaitable ni surtout proportionnée».
Et le Vaudois de prendre son exemple, comme le lui demandait un journaliste. «J’ai la chance d’aimer les fruits et les légumes et ma femme veille à ce que j’en mange régulièrement. Cela ne m’empêche pas de manger aussi une bonne saucisse de St-Gall ou une bonne pièce de viande. Les citoyens sont suffisamment conscients pour équilibrer leur alimentation».
Une transformation aussi rapide, en 10 ans selon l’initiative, risquerait aussi de rendre des investissements agricoles obsolètes avant même qu’ils ne puissent être amortis, ajoute Guy Parmelin. Certains ont besoin de 20 ou 30 ans pour ce faire. Un oui à l’initiative engendrerait des coûts de soutien importants pour les finances fédérales.
Selon Guy Parmelin, les préoccupations légitimes des initiants peuvent être atteintes par une voie plus réaliste et pragmatique qui laisse suffisamment de temps aux agriculteurs pour s’adapter. Et de citer l’évolution plus progressive qu’offre la Politique agricole 2030, en voie de préparation, car «elle tient compte des réalités économiques, sociales et régionales de notre pays», a dit Guy Parmelin.
La nouvelle Politique agricole, qu’il ne faut cependant pas voir comme un contre-projet à cette initiative, implique toute la chaîne, pas que la production comme précédemment, mais aussi la transformation, la distribution et les consommateurs, a souligné Guy Parmelin. Et le Parlement a aussi imposé d’y intégrer les notions de protection de l’environnement, de biodiversité ou d’ordre social, a complété Christian Hofer, directeur de l’Office fédéral de l’agriculture.
Selon le président de la Confédération, l’évolution de la consommation se fait déjà, parallèlement et naturellement. Mais «nous restons un pays de collines et d’alpages. Les meilleurs animaux pour mettre en valeur ces régions restent les ruminants. Ce n’est ni vous ni moi qui allons brouter l’herbe de nos pâturages».
L’initiative «Pour une alimentation sûre – grâce au renforcement d’une production indigène durable, à davantage d’aliments d’origine végétale et à une eau potable propre (initiative sur l’alimentation)» exige un taux d’autosuffisance de 70% au moins d’ici dix ans. Cet objectif doit être atteint grâce à une culture accrue d’aliments d’origine végétale.
Le taux d’autosuffisance est aujourd’hui de 45% environ. La Politique agricole prévoit un objectif de 50%. Le faire passer à au moins 70%, soit une augmentation de près de moitié, aurait, selon le Conseil fédéral, des conséquences imprévisibles. Par exemple un amateur de viande qui n’en trouverait plus assez irait s’approvisionner à l’étranger s’il habite non loin de la frontière, comme beaucoup de Suisses. Un autogoal pour les initiants, a dit Guy Parmelin.
Après presque dix ans au Conseil fédéral, le chef de la diplomatie suisse s’apprête à mener son tout premier combat devant le peuple lors d’une votation fédérale. Face aux initiants, sur fond d’ingérence russe, le Tessinois défend une neutralité pragmatique contre le projet de son ancrage strict dans la Constitution
Les Suisses ont peu voté ces dernières années sur les questions de relations internationales. Pour preuve, élu il y a bientôt 10 ans à la tête des affaires étrangères, Ignazio Cassis n’a jamais eu l’occasion de mener campagne pour le Conseil fédéral lors d’une votation fédérale. Cette lacune sera comblée d’ici au 27 septembre avec l’initiative sur la neutralité, qui demande d’ancrer la notion de manière stricte dans la Constitution. Un texte déposé par Pro Suisse et quelques figures de l’UDC tel Christoph Blocher, auquel le gouvernement s’oppose, tout comme le parlement, estimant qu’il réduirait trop la marge de manœuvre de la Suisse. Un oui empêcherait les collaborations avec des alliances militaires comme l’OTAN ou les reprises de sanctions économiques, à l’exception de celles de l’ONU.
Ce baptême du feu se déroule dans un contexte particulier pour le Tessinois, alors que la Russie s’est immiscée dans le débat de façon inédite. Le 31 juillet dernier, la porte-parole du Ministère russe des affaires étrangères apportait, via son compte Telegram, son soutien à l’initiative. Ce mardi, lors du lancement de sa campagne devant la presse, le ministre s’est voulu rassurant. «Nous y sommes habitués, quatre fois par an, nous votons et le monde en parle. Tant que ce qui se passe est transparent et que la source est claire, cela fait simplement partie de la politique», a-t-il répondu, se déclarant «profondément convaincu» que la population est assez mûre et intelligente pour faire la part des choses.
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La commission de l’économie du Conseil des Etats rejette nettement une disposition demandée par les syndicats dans le cadre du paquet d’accords avec l’UE. Elle est jugée trop rigide par le camp bourgeois
La mesure controversée garantissant la protection des salaires, dans le cadre du paquet d’accords avec l’UE, vacille. La commission de l’économie du Conseil des Etats la rejette par 8 voix contre 4 et 1 abstention, jugeant qu’elle ne concerne pas directement le paquet.
«La mesure 14» vise une meilleure protection du partenariat social au niveau de l’entreprise. La demande, émanant des syndicats, avait été vivement critiquée par le camp bourgeois.
Dans le détail, elle concerne les représentants élus des travailleurs, les membres d’un organe paritaire de gestion d’une institution de prévoyance et les membres de comités nationaux de branches disposant d’une convention collective de travail étendue. Lorsqu’un employeur a l’intention de licencier l’une de ces personnes, il doit engager une procédure de préavis avec celle-ci, dans le but de trouver une solution et d’éviter le licenciement.
Une minorité craint que la Suisse ne figure sur la liste noire de l’Organisation internationale du travail sans cette adaptation, indiquent mardi les services du Parlement.
Le conseiller aux Etats genevois revient à la tête de l’association sur fond de tensions internes, faisant entrer au comité l’ancien patron de la Santé vaudoise. De quoi assurer aux deux promoteurs de la caisse unique une belle visibilité à un an des élections fédérales
Vives tensions à l’Association suisse des assurés (Assuas). La semaine dernière, l’association ancrée à Genève annonçait le retour à sa présidence du conseiller aux Etats genevois Mauro Poggia, ainsi que l’arrivée au comité de l’ancien patron de la Santé vaudoise, le socialiste Pierre-Yves Maillard, qui siège lui aussi au Conseil des Etats. Une élection validée en assemblée générale, mais qui a pris des allures de putsch à la suite de l’opposition de l’équipe sortante.
Le conflit couve depuis plusieurs mois. Au printemps, Mauro Poggia manifeste sa volonté de revenir à la tête de l’Assuas sur laquelle il avait eu la main au tournant des années 2000. Le comité en place, présidé par l’avocat genevois Romain Jordan, lui propose alors d’être son représentant à Berne. Refus agacé de l’élu MCG. A ce stade de sa carrière, il n’entend pas «porter les valises de quelqu’un d’autre», comme il l’a dit à la RTS. Le dialogue se tend. Mauro Poggia se retrouve exclu de l’association et menacé d’une descente de police si l’envie lui prenait de participer à l’assemblée générale en juin. Il s’y rend malgré tout. La police est appelée mais elle quitte rapidement les lieux après avoir reconnu l’ancien ministre de la Sécurité (2018-2023).
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Dans «Notre-Dame-des-Démolies», Olivier Vonlanthen brise le carcan du fait divers pour atteindre la détresse d’une femme devenue meurtrière. Il replace son geste dans un réseau de culpabilité beaucoup plus large
Déplier, par l’écriture, un fait divers tout entier serré autour des quelques éléments retenus par la police et la presse de l’époque. S’approcher, grâce aux rares archives, aux quelques souvenirs familiaux, et à la littérature surtout, de Marthe, la femme de chambre fribourgeoise de 37 ans qui a tué «sauvagement» sa patronne à coups de couteau, un matin de janvier 1968, à Montpellier. Notre-Dame-des-Démolies, premier roman d’Olivier Vonlanthen, creuse, imagine, ce qui se tient, ou a pu se tenir, sous le mot de «démence», posé sur Marthe et son geste, sept lettres qui déploient «tout un horizon de silences, sept lettres d’interdit, un mot sanction d’impuissance, un mot prison».
Olivier Vonlanthen vient de la poésie. Son premier recueil, Ossuaires (Ed. Empreintes) a reçu le Prix C. F. Ramuz en 2022. Notre-Dame-des-Démolies vient de recevoir le Prix Terra Nova de la Fondation Schiller lors du Festival international de littérature de Loèche-les-Bains et se trouve toujours en lice pour le Prix Roman des Romands, le Prix franco-suisse Lettres Frontières et le Prix du roman noir des médiathèques de Grand Cognac.
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La Commission de politique de sécurité du Conseil national accepte, après celles des Etats, une enveloppe additionnelle pour les avions de combat. Et rajoute 500 millions pour des munitions
Après le Conseil des Etats, la Commission de la politique de sécurité du National a validé 394 millions de francs supplémentaires pour les avions de combat F-35, dans le cadre du message sur l’armée 2026. Elle propose en outre 500 millions additionnels pour des munitions, par 11 voix contre 9 et 4 abstentions.
Au total, le Conseil fédéral demande 3,4 milliards de francs, mettant la priorité sur l’extension de la défense sol-air, la protection contre les mini-drones et le cyberespace. Le Conseil des Etats a déjà donné son feu vert à tous les crédits.
La commission du National va dans le même sens. Selon elle, «il est indispensable d’augmenter la capacité de défense de l’armée et de renforcer la défense contre les menaces les plus probables, à savoir les attaques à distance et les conflits hybrides», indiquent mardi les services du parlement.
Concernant l’achat d’au moins 30 jets F-35, la commission approuve le crédit additionnel, par 16 voix contre 8 et 1 abstention. Il s’agit «d’exploiter pleinement le volume de financement approuvé par le peuple suisse pour l’acquisition d’avions». Une minorité estime au contraire que le montant supplémentaire ne résoudra pas les problèmes de fond et qu’il faudrait affecter les ressources disponibles à des domaines où elles permettraient directement d’accroître la sécurité.
La commission a toutefois refusé, par 13 voix contre 10 et 1 abstention, d’acquérir 36 jets, comme prévu à l’origine, et d’augmenter en conséquence le crédit additionnel de 650 millions de francs. Elle a encore rejeté d’autres propositions relatives aux surcoûts liés au renchérissement.
Concernant les 500 millions supplémentaires destinés à l’achat de munitions pour la défense sol-air de moyenne et de longue portée, ainsi que pour des systèmes d’appui de feu indirect à moyenne distance, la commission juge nécessaire de reconstituer les réserves de munitions le plus rapidement possible. D’autant plus qu’en raison de la forte demande, les délais de livraison s’allongent et les prix grimpent.
Une minorité s’oppose à cette proposition pour des raisons financières. Au final, le programme d’armement 2026 a été approuvé par 16 voix contre 3 et 6 abstentions.
Quant au programme immobilier, la commission soutient, par 17 voix contre 0 et 8 abstentions, tous les projets proposés, pour un montant total de 562 millions de francs. Diverses propositions ont été rejetées, visant par exemple à davantage réduire le bruit des aérodromes militaires. Le National empoignera le message sur l’armée à la session d’automne.
Ce mardi soir, Valérie Dittli n’a pas annoncé si elle briguerait un nouveau mandat. Une nouvelle échéance manquée qui maintient Le Centre Vaud dans l’incertitude, alors qu’une affaire de faux document avive ses divisions
Trois heures de discussions n’auront pas suffi à lever l’inconnue qui paralyse Le Centre Vaud. Réunie mardi soir à Renens avec le comité de présidence de son parti, Valérie Dittli n’a pas annoncé si elle briguerait un nouveau mandat au Conseil d’Etat en 2027. Peu avant 22 heures, la ministre a quitté les lieux à vive allure, indiquant simplement aux quelques journalistes présents qu’elle communiquerait «le moment venu».
«Nous n’avons malheureusement pas obtenu de réponse», confirme Giancarlo Sergi, une heure plus tard. Le président du Centre Vaud espérait pourtant que cette réunion permettrait à la conseillère d’Etat de clarifier ses intentions. Elle s’est finalement engagée à prendre publiquement position «dans les prochains jours», sans promettre de date précise. «C’est normal de lui laisser ce choix. Ce n’est pas au comité de communiquer à sa place», tempère le président.
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CHRONIQUE. Célèbre pour ses accrochages de corps plastinés, Gunther von Hagens est mort il y a deux semaines. Peut-on divertir avec des dépouilles? L’Allemand n’était pas le premier à s’y essayer
On apprenait le 24 juillet dernier la mort de Gunther von Hagens. Le personnage sentait le soufre: on le connaissait pour la mise au point de la plastination (une technique de conservation des corps morts consistant à remplacer leur eau et leurs graisses par du silicone et de la résine époxy) et surtout pour les expositions de cadavres (humains et animaux) qu’il faisait tourner un peu partout sur la planète.
En septembre 1999, j’étais allé jeter un œil à l’étape bâloise de la manifestation. Je me rappelle d’écorchés un peu m’as-tu-vu, mis en scène dans des poses rappelant par moments les planches anatomiques de Vésale. Et je conserve aussi le souvenir d’un paradoxe: celui d’une muséographie presque cosy, qui tendait à évacuer ce qu’avait (forcément) de macabre un accrochage de défunts.
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Le lobby paysan est un des groupes de pression les plus puissants de Suisse, ce qui peut aider à faire croire n’importe quoi, écrit le comédien Frédéric Recrosio
Sujet très sensible, et abordé de manière particulière en Suisse – ce pays où les villes sont construites en pleine campagne: les paysans.
Qu’on se la joue Genève internationale, qu’on se targue de survivre à l’incident nucléaire dans des bunkers privatifs, qu’on sponsorise George Clooney avec des capsules en alu, le côté péquenaud reste tenace. Et si le Suisse se croit très arrivé et très urbain quand il gare sa Tesla devant une galerie d’art en vieille ville, ses bottes très crottées le trahiront toujours.
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CHRONIQUE. Emprunter à 1% au Japon pour investir à 4% aux Etats-Unis: cette technique lucrative pourrait s’effondrer avec l’appréciation de la devise nippone. Les pays émergents et les actifs risqués subiraient le contrecoup
L’intervention conjointe du Japon et des Etats-Unis pour soutenir le yen fin juillet pourrait faire une victime collatérale: le carry trade. Grâce aux taux d’intérêt bas de la Banque du Japon, la devise japonaise est massivement utilisée pour cette stratégie d’investissement qui joue sur les différentiels de taux d’intérêt. Une remontée du yen pourrait remettre en cause son attractivité et même jeter une belle pagaille dans le système financier international.
Dans les grandes lignes, le carry trade consiste à emprunter dans une devise à faible taux d’intérêt (le yen ou le franc, par exemple) afin d’investir dans des actifs en devise forte avec des taux d’intérêt plus élevés dans un autre pays. Un exemple simpliste: emprunter à 1% au Japon (c’est le niveau des taux de référence de la Banque du Japon depuis mi-juin) pour acheter des bons du Trésor américains qui rapportent autour de 4% ou des valeurs technologiques, très en verve ces dernières années.
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ÉDITORIAL «Le Temps» a profité de l’été pour montrer une autre facette des femmes et des hommes politiques de ce pays. Une série sur les «dynasties suisses», une autre sur «leur vie d’après», dans lesquelles les personnalités se sont livrées
Lorsque l’on pense aux dynasties politiques, on convoque facilement les images des Kennedy ou des Bush aux Etats-Unis. On pense à ces familles grecques, comme les Papandréou ou les Mitsotákis, dont les membres se succèdent au sommet de l’Etat. On voit les Gandhi qui ont tant marqué l’histoire de l’Inde, ou encore les Le Pen et leur poids dans la politique française.
En Suisse aussi, nous avons nos familles politiques. Certes moins bling-bling que les anciens locataires de la Maison-Blanche, moins nombreuses qu’en Grèce et moins sulfureuses que les Le Pen. Parents et enfants, frères et sœurs, oncles et nièces… Ils sont en général plutôt discrets sur leurs liens de parenté et acceptent assez peu de témoigner.
Retrouvez ici notre dossier sur les dynasties politiques
Pour Le Temps cet été, certains ont néanmoins accepté d’ouvrir la porte de chez eux, au sens propre comme au figuré. A travers l’histoire des Couchepin, Blocher, Dittli, Moeschler et Levrat, on découvre des parcours politiques engagés, des convictions profondément ancrées, une même passion de la chose publique. Les valeurs se transmettent, et bien souvent le fruit ne tombe pas loin de l’arbre. Au détour d’anecdotes parfois touchantes et de détails du quotidien qui en disent long, ces parcours dessinent, en creux, les contours de la vie politique suisse. Mais à les entendre évoquer ainsi leurs expériences avec passion, on réalise aussi à quel point la politique est exigeante, empiète sur la vie privée, pèse sur la vie de famille et reste terriblement chronophage.
Ce constat se confirme à la lecture des cinq portraits de personnalités politiques qui nous ont raconté leur «vie d’après». A découvrir dès la semaine prochaine sur notre site: les Luscher, Amarelle, Courtet, Favre et Kurth, qui ont raccroché, volontairement ou non, en y laissant parfois des plumes. Dans la bouche de ces «anciens», un même constat: la politique est un monde fascinant, enrichissant, valorisant, mais qui demande un investissement de tous les instants. Pression, fatigue et disponibilité permanentes. Des exigences qui existent aux niveaux fédéral, cantonal et communal.
Pourquoi, le temps d’un été, se pencher sur le côté humain des politiciens? Pourquoi aller gratter du côté de la famille, de l’intime? Parce que la politique, c’est aussi ça. Des hommes et des femmes qui donnent de leur temps, de leur énergie, pour la collectivité. Et parfois même, qui transmettent le flambeau plus loin. Dans un pays où la milice est un des piliers du système, nous avons besoin de gens qui s’engagent dans ces mandats politiques. Un engagement qui ne va pas de soi. Car à mesure que les responsabilités augmentent, les avantages diminuent. Dans un an, des centaines de citoyens de tous les cantons vont se mettre sur des listes, battre le pavé, financer leur campagne eux-mêmes, pour tenter d’être élus. On leur souhaite bonne chance. Et on leur dit merci.
De 1992 à 2012, la carrière d’Edmond Isoz à la direction de la Swiss Football League a coïncidé avec la construction de l’Union européenne. De l’arrêt Bosman à l’explosion des revenus liés aux droits télévisuels, l’ancien ingénieur de 76 ans retrace les évolutions qui ont métamorphosé le football européen, tant dans sa pratique que dans sa gouvernance
Des Coupes Mitropa et Dr Gerö réunissant les meilleurs clubs et sélections d’Europe centrale dans l’entre-deux-guerres à la première Coupe d’Europe des nations en 1956, le football n’a pas attendu la construction européenne pour s’internationaliser. Pourtant, c’est une décision rendue en décembre 1995 par la Cour de justice des Communautés européennes qui a posé les fondements du sport professionnel tel qu’on le connaît aujourd’hui: l’arrêt Bosman.
Cette décision née du litige entre le joueur belge éponyme et son club du RFC Liège a consacré les efforts de libéralisation du marché des transferts lancée dans les années 1980. Sa conséquence majeure? La libre circulation des footballeurs européens entre les clubs de l’UE, aux dépens du quota qui limitait alors à trois le nombre d’étrangers autorisés par équipe. Directeur de la Ligue nationale – l’actuelle Swiss Football League – de 1992 à 2012, Edmond Isoz a été le témoin direct de cette révolution. Après avoir quitté Château-d’Œx pour Genève durant l’enfance et soulevé deux Coupes de Suisse avec le FC Sion, l’ingénieur de formation a mené d’importantes réformes à la tête de l’instance dirigeante des ligues professionnelles. L’un de ses défis majeurs a été de concevoir l’avenir du football helvétique en respect des accords bilatéraux signés entre Berne et Bruxelles.
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CHRONIQUE. En horlogerie, le mouvement décrit le moteur de la montre. Il embarque sa propre source d’énergie et tous les éléments mécaniques qui permettent de fragmenter le temps pour pouvoir le mesurer
Faisons comme Audemars Piguet, qui cite les Confessions de saint Augustin en préambule du long chapitre consacré au «mouvement» dans son encyclopédie La Montre (Flammarion 2025): «Qu’est-ce que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si je veux l’expliquer, je ne le sais plus.» Il vaut mieux poser la question à un horloger, qui répondra que le temps est l’art de la fragmentation. Et le mécanisme pour le mesurer ne s’arrêtant jamais, il l’a appelé «mouvement».
Les horlogers classent les mouvements selon leur conception et leur source d’énergie. Si l’on se concentre sur le mouvement mécanique, nous voyons qu’il est constitué de plusieurs centaines de composants, classés en deux grandes familles: les parties mobiles, le plus souvent en acier, et les fixes, traditionnellement en laiton. Toute la difficulté est de les unir avec précision et souplesse, en leur laissant juste ce qu’il faut de jeu pour fonctionner, ce que l’on nomme «ébat».
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TOUS DES NULS. A propos de sous, avoir le discernement de pallier son manque de discernement est un des super-pouvoirs de ce super-pays qu’est la Suisse, écrit l’humoriste et metteur en scène Frédéric Recrosio
Il ne faut pas dépenser plus que l’on gagne – et parce que nous ne sommes plus des enfants, nous le savons.
Convoqués au quotidien par cette responsabilité ordinaire, il incombe aux êtres dotés de bon sens de tenir une certaine comptabilité – personnelle ou «du ménage» – en usant d’une rationalité élémentaire. Faute de quoi, c’est la banqueroute et voilà que monsieur l’huissier sonne à la porte…
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ÉDITORIAL. Le mouvement qui a conduit à un drame humanitaire n’a été ni spontané ni organique. Nous vivons en pleine bataille, des images, des informations et des émotions
Ceuta: les images sont saisissantes. Des milliers de personnes à l’assaut d’une terre. Une crise humanitaire. Cent morts, selon une source locale. Les déclarations politiques fusent. L’Union européenne est en mode crise. En quelques heures, la majorité des migrants repart.
Comment ce drame a-t-il démarré et pourquoi a-t-il pris une telle ampleur? Notre travail démontre que le mouvement n’a été ni spontané, ni organique, mais qu’il résulte d’une opération organisée. Les réseaux sociaux ont amplifié de manière massive un mouvement humain préexistant. Mais il est impossible de dire à ce stade qui se cache derrière cette opération. A qui profite le crime? Réseaux mafieux de passeurs, un ou plusieurs Etats? Les questions restent ouvertes. Dans tous les cas, nombreux sont ceux qui surfent sur la catastrophe avec cynisme.
Au Maroc, des voix indépendantes rappellent le contexte. Des milliers de personnes se sont dirigées vers les plages du nord pour la Fête du trône. Le chômage des jeunes est de 36%. La colère de cette génération s’est exprimée lors de manifestations en automne 2025. Un terrain propice aux manipulateurs.
La même semaine, en France, plusieurs hommes politiques dénoncent des ingérences russes dans la campagne présidentielle. Une enquête est ouverte par le parquet de Paris. En Suisse aussi, on constate une intervention russe musclée dans le débat politique sur la neutralité, sujet de votation du 27 septembre.
Ces événements dessinent notre paysage. Les fausses informations et manipulations ont toujours existé. Mais les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et le fonctionnement des algorithmes donnent une puissance inédite aux actions malintentionnées. Giuliano da Empoli a donné un titre à notre époque, celui de son dernier livre, L’Heure des prédateurs. Nous y sommes, au quotidien. C’est une guerre informationnelle.
Il existe une bonne nouvelle. Des méthodes permettent de chercher les réponses à ces questions. Elles sont devenues sophistiquées et à la fois accessibles. Certains experts présentent leur travail de manière totalement transparente. Ils traquent les phénomènes, utilisent les données disponibles, l’IA, et démontrent. En 2026 aussi, les bons côtoient les mauvais génies. Il faut donc observer de manière rationnelle et critique toute information – y compris les images –, en particulier celles qui provoquent des émotions.
Les prédateurs sont-ils plus puissants? Il y a deux manières de répondre. Se déclarer vaincu face aux manipulateurs de la pire espèce, fermer son écran et les yeux. Ou refuser de capituler et consulter les meilleurs génies pour faire fonctionner la démocratie. Naïf, diront certains, car apporter la preuve est coûteux. Mais l’information est une ressource puissante, justement, et c’est bien là le cœur de la bataille. Une bataille qu’il faut mener avec force.
TOUS DES NULS. Lorsqu’un politicien «prend acte» d’une défaite dans les urnes, il constate, note, entérine mais ne reconnaît rien d’autre qu’un fait brut. L’expression – toute suisse – agit comme une cuirasse de langage: elle met à distance la blessure de la défaite et lui permet de sauver la face, écrit le comédien et metteur en scène Frédéric Recrosio
En Suisse, l’action d’un élu est bridée au quotidien. Dès lors, ce qui lui arrive le plus souvent est la défaite, quand ce n’est pas carrément le désaveu, quand ce n’est pas carrément l’humiliation…
Minorisé par ses collègues en conseil, par le peuple en votation ou par le reste du monde quand lui sont refusés ses Jeux olympiques, la réaction du politicien suisse se résume à cette parade: trois mots, toujours les mêmes – «je prends acte».
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CHRONIQUE. Au Louvre, ce qui marche le mieux, c’est le vide. Ou quand les cambrioleurs décident de la valeur des choses et nous apprennent bon gré mal gré à regarder
La Victoire de Samothrace, La Joconde et la galerie d’Apollon. Le Musée du Louvre compte désormais trois pôles d’attraction. Fin juillet, la galerie d’Apollon, où ont été dérobés en octobre dernier, les «joyaux de la Couronne», a été rouverte aux visiteurs. Depuis, selon un article du Monde, cette galerie d’apparat, imaginée pour Louis XIV et qui servit de modèle à la galerie des Glaces de Versailles, attire nombre de touristes qui viennent contempler, à la fois, la scène du crime – la fenêtre par laquelle les voleurs sont entrés – et son magnifique décor.
Les lieux sont doublement vides. D’une part, parce que les cambrioleurs se sont emparés de précieuses parures; d’autre part, parce que la direction du musée a mis le reste du trésor à l’abri, en attendant de nouvelles conditions d’exposition ultra-sécurisées. Et pourtant, la galerie, c’est nouveau, attire du monde.
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MON EUROPE À MOI. Tendance à l’uniformité, absence de délégation du pouvoir et usine à règlements: l’Union européenne et le projet d’accord avec la Suisse ne font pas rêver la PLR Phyllis Scholl, présidente de la commune zurichoise de Kilchberg
Sur la rive gauche du lac de Zurich, la présidente de la commune de Kilchberg et ses près de 10 000 habitants Phyllis Scholl est une des voix dissonantes au sein du PLR. L’avocate d’affaires spécialisée dans les domaines de l’énergie et des infrastructures s’oppose au paquet d’accords ficelés entre la Suisse et l’Union européenne, actuellement débattu aux Chambres fédérales et sur lequel le peuple devra se prononcer. Avec deux autres entrepreneuses, elle a récemment créé «Her Voice», un mouvement qui vise à faire davantage entendre les voix féminines sceptiques face à l’Union européenne sans toutefois se reconnaître dans la rhétorique virulente de l’UDC. Attachée à la démocratie directe et à la souveraineté de la population, l’élue dresse un portrait critique de la construction européenne.
CHRONIQUE. Le Nouveau-Mexique veut tester une approche inédite face aux dégâts causés par Facebook et Instagram sur les jeunes. Inspirée du modèle chinois, cette stratégie contraste avec le bannissement total en vogue en Occident
Il vaut la peine de revenir sur la nouvelle condamnation de Meta aux Etats-Unis. On serait tenté d’avoir un sentiment de lassitude face à cette multiplication de revers en justice pour la firme dirigée par Mark Zuckerberg, tant le scénario se répète: des plaintes d’associations de parents, de jeunes utilisateurs ou de procureurs, une longue procédure en justice, des amendes de plusieurs millions de dollars puis des appels. Chaque mois, ou presque, le propriétaire notamment d’Instagram et Facebook est condamné pour le tort que font ses réseaux sociaux aux plus jeunes.
ÉDITORIAL. Alors que l’UE annonce l’interdiction prochaine du gaz naturel liquéfié russe, les volumes augmentent avant l’entrée en vigueur de l’embargo. L’Europe expose ses contradictions. Elle affiche sa difficulté à s’affranchir du gaz russe et surtout le risque de dénaturer le poids des sanctions en accordant des exceptions
L’Europe se dit déterminée à tourner la page du gaz russe. Pourtant, elle continue d’en faciliter le commerce. Le port belge de Zeebruges, l’une des principales portes d’entrée du gaz naturel liquéfié (GNL) russe en Europe, en offre une illustration saisissante. Alors que l’interdiction totale du GNL russe sera effective dès janvier 2027, le port a reçu 37 cargaisons (2,7 millions de tonnes pour une valeur estimée à 1,62 milliard d’euros) en provenance de Yamal (Sibérie) au premier semestre 2026, 12% de plus qu’un an plus tôt. Dans l’ensemble de l’UE, les achats de GNL russe ont fait un bond de 16%, grâce notamment à l’appétit de la France, de l’Espagne et de la Belgique.
Autre contradiction: le 23 juillet, pour arracher un accord sur le 21e paquet de sanctions contre Moscou, les Vingt-Sept ont accepté une exception réclamée par la Grèce, autorisée désormais à continuer à transporter, à certaines conditions, du GNL russe vers des pays tiers. Quelques mois plus tôt, ils avaient pourtant, à l’unanimité, décidé d’interdire tout achat, importation ou transfert de GNL russe à partir de janvier 2027.
Le message est désastreux. Il révèle plusieurs choses. D’abord, la difficulté grandissante des Européens à adopter des sanctions contre Moscou. La volonté politique commune se heurte toujours davantage aux réalités commerciales et aux intérêts nationaux. Accorder des dérogations, c’est ouvrir une brèche et affaiblir l’un des principaux instruments de pression de l’Union. Ensuite, il confirme la dépendance de l’Europe au gaz russe. Et le risque de troquer une dépendance russe contre une autre, américaine.
Pendant ce temps, la Russie adapte ses circuits logistiques. La «flotte fantôme russe», qui cherche à contourner les sanctions en changeant de pavillon, brouillant les systèmes de localisation ou recourant à des sociétés écrans, ne cesse de s’étoffer. L’UE a beau la cibler davantage – le dernier paquet s’en prend pour la première fois aux navires et prestataires tiers qui apportent un soutien logistique ou opérationnel direct à cette flotte clandestine –, Moscou semble toujours avoir une longueur d’avance. La Russie produit d’ailleurs désormais ses propres méthaniers, réduisant progressivement sa dépendance aux infrastructures occidentales.
A Zeebruges comme à Bruxelles, une question demeure: jusqu’où l’Europe est-elle vraiment prête à aller pour fermer le robinet russe qui alimente la guerre en Ukraine? Une politique de sanctions qui multiplie les exceptions finit par envoyer un message inverse à celui qu’elle prétend porter: Moscou peut encore compter sur les divisions européennes.
CHRONIQUE. De la dinde, du bacon et de la mayonnaise pris entre deux toasts: le casse-croûte le plus populaire des menus d’hôtels serait né dans l’antre feutré d’une confrérie new-yorkaise… ou dans la cuisine d’un noctambule affamé
C’est un triangle qui se prend pour une étoile. Un casse-croûte qu’on vous livre sur assiette, sous cloche même, selon le standing, au bord de la piscine, voire en room service. Du bacon et de la dinde finement tranchée sur un lit de tomates, de laitue croquante et de mayonnaise, le tout enserré entre deux toasts légèrement beurrés: on aura reconnu l’incontournable des menus d’hôtels, le club sandwich.
Mais de quel club se targue-t-il, avec ses airs d’en-cas de station-service? Probablement de l’Union Club of New York City, l’un des plus vieux clubs privés des Etats-Unis. Une confrérie du genre chic et conservateur – durant la guerre de Sécession, elle refusera d’expulser ses membres confédérés – mais où le chef aurait été bien inspiré.
Fin 1889, dans les pages de l’Evening World, on évoque entre deux cancans un certain «Union Club sandwich», avec jambon et «une couche de dinde ou de poulet», le tout servi tiède. C’est la plus ancienne référence au snack, visiblement adopté par ces messieurs «qui apprécient une bonne collation après le théâtre ou juste avant leur dernier verre de la soirée», dixit un autre article cette même année.
Le monde croque du sandwich depuis plus d’un siècle, mais celui-ci révolutionne les palais – dont celui d’Edouard VIII, l’oncle d’Elisabeth II, qui en raffolait. La garniture froide porc-volaille fait pourtant plus bricolage que repas royal, comme le suggère l’autre version de l’histoire, évoquée dans un livre de recettes en 1916: le club sandwich serait né par accident d’une fringale, celle d’un homme rentré tardivement chez lui et qui aurait eu l’idée de fourrer, entre deux toasts, les restes du frigo – avant de présenter le chef-d’œuvre à son gentlemen’s club. D’autres historiens situent la naissance du mets à bord des premiers trains à deux étages reliant New York à Chicago, dans les années 1930.
Le club sandwich, lui, compte traditionnellement trois niveaux mais les variantes sont infinies – la dinde est remplacée par du roast-beef, du saumon ou même des huîtres pour un total effet frime. Cette dispersion agaçait déjà un éditorialiste en 1919, dans un journal du Kansas: «Hélas, combien de subterfuges culinaires ont été commis au nom du club sandwich! A tel point qu’on finit par se demander ce qu’il est réellement…»
OPINION. Le succès économique de la place éditoriale genevoise aux XVIe et XVIIe siècles résulte d’un encadrement de l’activité plus permissif – sous certaines conditions – qu’en France ou en Italie, principales destinations des œuvres produites. L’illicite, hier comme aujourd’hui, suscite la curiosité et fait vendre, rappelle Hadrien Dami, historien du livre et spécialiste de l’édition à Genève au XVIIe siècle
L’histoire exige un effort de décentrement et de mise en cause de ce que l’on observe dans le passé pour enrichir notre compréhension du présent. Il en va ainsi de notions comme celle de censure. Le terme n’a pas toujours possédé sa signification négative actuelle d’obstacle à la communication et d’entrave à la liberté d’expression. Le concept même de liberté d’expression est un héritage du XVIIIe siècle; la censure était perçue auparavant comme un élément normal de la société, relevant de la correction morale et de la conduite disciplinaire. Censurer signifie alors moins interdire que redresser, et la censure des livres s’inscrit dans une dynamique globale de contrôle des idées et des comportements. Elle s’enracine dans l’idée selon laquelle les autorités sont responsables de prémunir la population d’un contact avec de «mauvais» livres, susceptibles de corrompre les mœurs et les croyances et, par là, l’ordre social. Aux XVIe et XVIIe siècles, rares sont les contestations du principe même d’un contrôle exercé par les autorités, politiques et religieuses, sur les discours et sur les écrits.
OPINION. Arrivée en tête du premier vote indicatif du Conseil de sécurité, Rebeca Grynspan semble bien partie pour devenir la prochaine secrétaire générale des Nations unies. La Costaricienne part pourtant de plus loin que les vainqueurs précédents, et les embûches guettent, écrit Daniel Safran-Hon, analyste et ancien fonctionnaire de l’ONU
Le 30 juillet, le Conseil de sécurité a voté pour la première fois sur la succession d’António Guterres. Scrutin soi-disant secret, ce vote informel, qui peut se répéter un nombre illimité de fois, mesure le soutien dont bénéficie chaque candidat et détermine qui peut éviter un veto des cinq membres permanents. Une fois qu’un candidat reçoit l’aval du Conseil, l’Assemblée générale entérine la recommandation. Voici le conclave laïque de l’ONU.
Selon les sources onusiennes, Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Cnuced, la seule candidate de tête à prendre un congé tel que recommandé par l’Assemblée générale, arriverait première: dix pour, une contre, quatre sans opinion. Carolyn Rodrigues-Birkett, ambassadrice du Guyana auprès des Nations unies, serait à neuf pour, et deux contre. Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, obtiendrait sept pour et deux contre. Quatre autres candidats sont arrivés par la suite.
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ÉDITORIAL. Le kush, qui dévaste la Sierra Leone, représente une menace majeure pour l’Afrique de l’Ouest. Ses composants sont aussi présents en Europe, qui a tout intérêt à rester vigilante face à cette «drogue des morts»
La drogue, c’est l’autre guerre. Celle, intime, que mènent les 64 millions d’hommes et de femmes dépendants, selon la dernière étude des Nations unies en 2023. Et celle, géopolitique, qui prospère à l’ombre d’autres conflits. Transformant des rues, des quartiers, des villes en champs de bataille où les victimes tombent sous les profits gigantesques que génère ce trafic.
Celui-ci mène aujourd’hui les jeunes de Sierra Leone dans la tombe. L’arme des tueurs? Le kush, un mélange aux effets si destructeurs qu’on le surnomme la «drogue des morts». S’il se propage depuis 2010 à large échelle dans ce pays extrêmement pauvre, ce n’est pas un hasard. Entre 1991 et 2002, le crack, l’héroïne et le cannabis ont été largement utilisés durant la guerre civile qui a fait 200 000 morts. Les factions armées ont notamment drogué des milliers d’enfants soldats pour mieux les contrôler. Quand la paix a été conclue, de nombreux chefs de milice marginalisés se sont reconvertis dans la criminalité urbaine. Et en 2018, le président Julius Maada Bio a neutralisé les gangs dans l’opposition grâce à la manne financière du kush.
L’Afrique de l’Ouest est à un tournant. Ces derniers mois, l’intensification de la lutte contre la cocaïne en Europe a poussé les trafiquants, qui l’exportaient depuis l’Amérique latine, à chercher de nouvelles routes; c’est sur le continent africain qu’ils ont jeté leur dévolu. En mai 2026, l’Espagne effectuait ainsi une saisie record de cocaïne sur un bateau venu de la capitale de la Sierra Leone. Et le kush issu du trafic de cocaïne s’est propagé jusqu’en Guinée, au Sénégal et au Liberia, qui a déclaré l’état d’urgence en même temps que Freetown en 2024.
Désormais, il n’est plus impossible que des drogues comparables au kush arrivent sur le marché européen. D’abord parce que les nitazènes dont le kush est composé – des opioïdes de synthèse beaucoup plus puissants que le fentanyl – sont apparus récemment sur le continent, qui enregistre une hausse des surdoses. Et ensuite parce que la circulation des cannabinoïdes synthétiques, l’autre ingrédient clé du kush, pourrait être facilitée par les lacunes dans le contrôle des produits dérivés du cannabis, largement illégal en Europe.
Et la Suisse? Elle est pour l’instant épargnée, mais les autorités ne prennent pas la menace à la légère. En avril d’ailleurs, Genève et Fribourg se sont placés en vigilance renforcéeface à l’arrivée des opioïdes de synthèse. Pour éloigner, le plus longtemps possible, l’enfer absolu de Freetown.
OPINION. La littérature pour les enfants et les ados est au cœur d’affrontements avant tout politiques, et pas récents, écrit Daniel Delbrassine, ancien professeur de l’Université de Liège; qui note que les censeurs s’en prennent toujours à la matière (les sujets) sans faire attention à la manière (leur traitement)
Toute la littérature de jeunesse, des albums pour enfants aux romans pour ados, fait aujourd’hui l’objet de censure dans les démocraties occidentales. Ce qui conduit à certains paradoxes: on va par exemple interdire un roman d’amour parce qu’il inscrit la sexualité dans une intrigue adolescente, alors que la pornographie est en accès libre sur internet, où elle sert souvent de première expérience du sexe… De fait, la littérature adressée à la jeunesse a toujours été sous la surveillance de la religion, de l’école et du pouvoir politique, et elle est devenue l’un des champs de bataille de la guerre culturelle.
Un président de parti (le Français Jean-François Copé) peut ainsi dénoncer un album pour enfants comme «marxiste». Il est vrai que Tous à poil (2011) «porte atteinte à l’autorité» en montrant nus, notamment, un policier et une maîtresse d’école… Cette publicité inespérée, donnée en 2014, permettra à l’éditeur de réimprimer un album plutôt discret jusque-là.
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Pour le dernier épisode de cette chronique, on s’est demandé s’il existait quelque chose comme le contraire de la sérendipité. La réponse est oui
Rappelons-le une dernière fois ici: la sérendipité désigne l’art et la faculté de faire une découverte inattendue et fructueuse par hasard, tout en cherchant autre chose. Et quel serait son envers? Un rapide bricolage intellectuel arriverait à quelque chose comme ceci: l’art et la faculté de faire une découverte banale et inutile, tout en ayant la conviction d’enfoncer des portes ouvertes.
Cette disposition d’esprit a même un nom: la «zemblanité». Parlons étymologie: lorsque Horace Walpole forge, au milieu du XVIIIe siècle, le terme serendipity, il se réfère, on l’a dit, au conte des Trois Princes de Serendip, «Serendip» étant le nom que les Arabes, dès le IVe siècle, donnaient à ce qu’on appelle aujourd’hui le Sri Lanka. Le mot «zemblanity» est beaucoup plus récent: il a été inventé en 1998 par William Boyd dans Armadillo, son septième roman. Boyd s’est inspiré de ce qui pourrait être l’exact inverse de Ceylan: la Nouvelle-Zemble, un archipel russe perdu aux confins de l’océan Arctique. C’est là que les Soviétiques testèrent, le 30 août 1961, leur Tsar Bomba, déclenchant ainsi la plus grosse explosion thermonucléaire de l’Histoire.
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OPINION. La réaction du professeur lausannois Jacques Ehrenfreund à l’interview d’Omer Bartov, toutes les deux publiées dans «Le Temps», suscite à son tour la réaction de l’universitaire spécialiste de la région Joseph Daher. Pour lui, ce n’est pas banaliser la Shoah que reconnaître qu’un génocide se commet à Gaza
Le professeur Jacques Ehrenfreund de l’Université de Lausanne a rédigé une tribune d’opinion dans le journal Le Temps intitulée «Le prophète, l’historien et la critique» (LT du 25.07.2026) en réaction à l’entretien publié dans ce quotidien avec l’historien israélien Omer Bartov, spécialiste mondialement reconnu des génocides.
Il y critique Omer Bartov selon trois angles principaux. En premier lieu, l’utilisation du terme «génocide» pour caractériser la guerre israélienne contre les Palestiniens à Gaza; ensuite la description de la nature coloniale du mouvement sioniste et de l’Etat d’Israël, et finalement le rôle du Hamas dans la guerre sans trêve menée par l’Etat israélien après le 7 octobre 2023. Je me contenterai de réagir au papier d’opinion de Jacques Ehrenfreund en le contestant sur la question du génocide, faute de place.
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ÉDITORIAL. Une commission du Conseil des Etats reporte de nouveau sa position sur le renforcement des fonds propres d’UBS. L’hypermédiatisation de cette disposition ne doit pas occulter d’autres mesures indispensables pour éviter une nouvelle débâcle bancaire
Il faut s’en réjouir plutôt que s’en inquiéter: le nouveau report de la décision de la Commission de l’économie et des redevances sur la «Lex UBS» témoigne de l’attention portée à cette pièce centrale de l’édifice qui doit éviter un nouveau sauvetage d’une banque suisse «trop grande pour faire faillite».
Une solution médiane existe, sous la forme d’apports en AT1 d’une partie des fonds propres supplémentaires exigés pour couvrir à 100% les filiales détenues à l’étranger par UBS. L’établissement représente la seule banque suisse d’importance systémique internationale depuis l’absorption de Credit Suisse en 2023. Le hic, c’est que justement, ces titres hybrides, à mi-chemin entre obligations traditionnelles et actions, ont alors été annulés, entraînant des pertes de quelque 16 milliards de francs pour leurs détenteurs. Lesquels n’ont pas manqué de contester l’opération, obtenant gain de cause il y a un an devant le Tribunal administratif fédéral (TAF). Saisi, le Tribunal fédéral devra trancher. Son jugement est attendu mais on ignore quand il sera rendu.
Espérons que cette insécurité sera levée au plus vite, car, même si ces instruments restent très prisés des investisseurs, l’incertitude nuit évidemment au compromis qui est sur la table, Or il représente à ce jour la meilleure solution au dur bras de fer qui oppose la grande banque au Conseil fédéral, emmené par la ministre des Finances, Karin Keller Sutter. On peut s’énerver de la pression qu’UBS exerce sur le pouvoir politique, mais il faut concéder à ses dirigeants qu’il est de leur devoir de veiller à l’attractivité de leur entreprise dans un environnement international très exigeant.
Sans compter que la pérennité du groupe ne dépend pas de la seule solidité de ses fonds propres. Osons même affirmer que d’autres mesures telles que l’introduction d’un Senior Managers Regime, rendant les dirigeants responsables de leurs manquements, sont aussi cruciales. Il est d’ailleurs regrettable que toute la réforme n’ait pas été transmise au parlement en même temps pour que celui-ci bénéficie d’une vision d’ensemble du dispositif d’encadrement de la grande banque.
Seront surtout déterminants la confiance et les moyens alloués à la Finma, autorité de surveillance du mastodonte né de l’amateurisme qui a trop souvent prévalu jusqu’en 2023. Comme nous le soulignions déjà il y a 2 ans, une place financière forte va de pair avec un gendarme financier puissant. Trouver un compromis sur le renforcement des fonds propres représente ainsi une condition nécessaire mais pas suffisante pour superviser UBS. L’hypermédiatisation de cette mesure ne doit pas le faire oublier.
L’impact sur la Lune d’un étage de fusée Falcon 9 de SpaceX a été confirmé mercredi par un télescope au Chili. On attend désormais les images du cratère
L’étage supérieur d’une fusée de SpaceX s’est bien écrasé sur la Lune, ont confirmé des scientifiques mercredi. Un télescope au Chili a capté des preuves d’un nuage de débris. La collision, qui n’était pas intentionnelle, devrait avoir créé un cratère à la surface lunaire que les agences spatiales, dont la NASA, espèrent documenter. Les scientifiques estimaient que l’étage supérieur de la fusée Falcon 9, de la taille d’un bus, allait frapper la surface de la Lune mercredi vers 08h35 (heure en Suisse).
Le très grand télescope de l’observatoire européen austral (ESO), situé au Chili, «a détecté des raies spectrales», a annoncé l’observatoire dans une publication sur les réseaux sociaux, soulignant qu’il y avait «des empreintes chimiques» de «sodium et de lithium dans le panache d’impact, qui a duré de cinq à dix minutes après la collision».
«Le sodium provient probablement du sol lunaire, tandis que le lithium pourrait provenir de la fusée elle-même», a détaillé l’ESO.
Benjamin Fernando, chercheur au laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique (sud-ouest des Etats-Unis) et auteur principal d’une récente étude consacrée à cette collision attendue, a également confirmé auprès de l’AFP que l’impact s’était produit.
En supposant que tout le carburant avait été consommé, les auteurs de l’étude estimaient que l’engin pesait environ quatre tonnes et devait, à une vitesse de 8690 km/h, s’écraser près du cratère Einstein, dans l’hémisphère nord de la Lune.
La NASA et sa sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter ont prévu de capturer des images du site de l’impact, tout comme la Corée du Sud avec sa sonde Pathfinder Lunar Orbiter. Mais les informations pourraient mettre plusieurs jours à nous parvenir.
Avant le crash, la NASA avait affirmé qu’il n’y avait «aucun danger pour la Terre». «Les scientifiques de la NASA prévoient de collecter des données lunaires de cet événement pour affiner les techniques de suivi d’objets dans l’espace», a par ailleurs indiqué l’agence spatiale américaine.
La fusée Falcon 9, réalisée par la société SpaceX d’Elon Musk, a décollé en janvier 2025 avec deux alunisseurs à son bord. Le propulseur est revenu sur terre, tandis que l’étage supérieur, considéré depuis comme un débris spatial, est resté dans l’espace pour poursuivre l’acheminement des deux engins.
«Un mélange d’activité solaire et de forces gravitationnelles l’a finalement placé sur une trajectoire en direction de la Lune», malgré les précautions prises par SpaceX, a affirmé Julianna Scheiman, une responsable de la société
La Lune est régulièrement frappée par des débris spatiaux, notamment des météoroïdes. Les collisions avec des objets artificiels sont, en revanche, beaucoup plus rares.
La montagne attire beaucoup de touristes en quête de fraîcheur. La perspective d’une bonne saison estivale pour le secteur dans ces régions surtout prisées l’hiver, mais la tendance à long terme pose aussi la question de leur préservation
Chercher la fraîcheur: tel est l’objectif de nombreux touristes alors que les canicules se multiplient sur fond de réchauffement climatique. Or, comme le rappellent les scientifiques, cet été pourrait bien être le plus froid du reste de nos vies: de quoi bouleverser nos existences à de nombreux égards, y compris en matière d’habitudes touristiques.
Sur le terrain, Suisse Tourisme observe ces évolutions. Sans avoir encore de chiffres pour le mois de juillet, les retours du secteur sont globalement positifs, et principalement dans les régions alpines: «On voit une forme «d’exode» climatique vers les régions plus fraîches, de montagne ou moyenne montagne, mais aussi dans l’Arc jurassien où les grandes forêts et les lacs attirent la clientèle», constate Corinne Genoud, membre de la direction. Les remontées mécaniques suisses ont aussi communiqué jeudi que, depuis le début de la saison et jusqu’à fin juillet, les premiers passages enregistrent une hausse de 7% par rapport à l’année précédente et de 29% comparés à la moyenne des cinq dernières années.
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Plus la planète étouffe, plus les mégafeux la dévastent. Face à la catastrophe, la philosophe Joëlle Zask appelle à repenser notre cohabitation avec la nature et la prévention. Entretien
En ce milieu d’été, les flammes ont notamment calciné 77 000 hectares aux portes de Madrid, entraîné l’évacuation de 220 000 personnes dans les Landes françaises et embrasé la Grèce. Mais la liste des incendies apocalyptiques devient encyclopédique. Pour la philosophe Joëlle Zask, autrice d’un essai urgent – Quand la forêt brûle. Penser la nouvelle catastrophe écologique (Premier Parallèle) –, nous sommes entrés dans le pyrocène, l’ère des mégafeux, qui impose une mobilisation collective. Elle nous donne quelques pistes.
Le terme de mégafeu est apparu en 2013, pour qualifier des incendies d’une ampleur inédite. Quelle définition en donneriez-vous?
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Peu avant le plus grand événement techno d’Europe, la «NZZ» a interrogé les milieux de la prévention qui s’inquiètent de la hausse de la consommation de drogues de synthèse. Certaines, comme les cathinones, sont encore méconnues
Electro, paillettes et love mobiles, la Street Parade s’apprête à investir les rives du lac zurichois ce samedi. De 13 heures à minuit, près d’un million de fêtards sont attendus pour défiler et danser au cœur du plus grand événement techno d’Europe. Et qui dit gros rassemblement dit souvent mélange d’alcool et de substances psychoactives.
Dans un article publié ce jeudi, la NZZ pointe le problème de la hausse de la consommation des drogues de synthèse dans ce contexte festif: cocaïne, amphétamines, MDMA, kétamine… En Europe, ces marchés se développent et se transforment. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) alertait en avril dernier sur l’augmentation de la consommation mondiale de drogues. Et selon Addiction Suisse, les substances de synthèse consommées en Suisse sont plus puissantes et moins chères qu’auparavant.
A Zurich, le secteur de la prévention s’inquiète de voir circuler, depuis quelques mois déjà, des comprimés de MDMA avec un taux de concentration psychoactif bien plus élevé qu’annoncé par les trafiquants. Le site infodrog.ch met notamment en garde contre des pilules colorées à l’effigie de Vladimir Poutine. Les effets secondaires de ces dosages importants sont multiples avec notamment des risques de convulsions, d’hallucinations et, dans le pire des cas, de lésions cérébrales irréversibles.
Interrogée par la NZZ, Dominique Schori, codirectrice du Centre d’information sur les drogues, affirme que «le plus grand risque est de ne pas savoir ce que l’on consomme» et préconise de ne pas faire confiance à ce que disent les dealers.
L’une des principales sources de craintes est liée à l’augmentation de la prise de cathinones, drogues dérivées du khat, un arbuste dont les feuilles possèdent des propriétés stimulantes et sont très consommées en Afrique de l’Est. Plusieurs versions synthétiques fortement dosées existent, dont l’une des plus connues est la 3-MMC. Ses effets sont euphorisants mais annihilent aussi la faim, la soif et le sommeil.
Problème: il arrive que les cathinones soient mal étiquetées et vendues comme de la MDMA, dont les effets sont plus rapides. Le risque est donc de prendre une dose excessive si la personne consommatrice s’attend à des résultats plus véloces. Ce type de drogue et sa consommation demeurent peu étudiées, mais elles sont de plus en plus détectées en Suisse.
Enfin, la kétamine, un narcotique de synthèse, est aussi dans le viseur des centres de prévention. Inhalée ou sniffée, elle provoque des effets semblables à ceux de l’alcool, sauf qu’elle coûte moins cher qu’une boisson achetée dans une boîte de nuit.
Pour tenter de prévenir et d’endiguer les problèmes potentiels liés à ces drogues durant la Street Parade, la ville de Zurich va mettre en place un laboratoire de dépistage anonyme et gratuit. Dominique Schori a précisé à la NZZ qu’il était important d’éviter tout achat à des dealers qui seraient postés le long du défilé car «cela augmente considérablement les risques». Le site infodrog.ch dispense quant à lui des conseils aux consommateurs: faire tester ses drogues si c’est possible, boire régulièrement de l’eau et faire des pauses pour s’asseoir, se reposer. Lundi, la ville de Zurich a annoncé que samedi elle mobilisera 400 collaborateurs supplémentaires issus de services médicaux, du centre de coordination des interventions ainsi que des corps de pompiers professionnels et volontaires.
Le dimanche suivant la dernière Street Parade une étude sur les eaux usées de la ville a mesuré que les résidus de kétamine et d’amphétamines étaient respectivement trois fois et deux fois et demie plus élevés qu’un dimanche ordinaire. Pour la MDMA, les chiffres habituels sont même multipliés par 17.
Une image très précise de la surface solaire, prise par le télescope américain Inouye à Hawaï, confirme la présence d’immenses tourbillons de plasma, matière constituante de notre étoile. Ce phénomène est à l’origine d’éruptions solaires
Le 12 août prochain, une éclipse totale de Soleil traversera le ciel d’une partie de l’Espagne. Celles et ceux qui auront la chance de se trouver dans le cône d’ombre, là où 100% du Soleil disparaîtra derrière la Lune, pourront – en se protégeant – observer la couronne solaire pendant une courte minute. Il règne dans celle-ci une température de près d’un million de degrés, alors que la surface de l’étoile est elle-même à 5500 °C «seulement». Les mécanismes de «chauffage» de la couronne solaire sont étudiés depuis des décennies par les scientifiques, qui tentent de comprendre pourquoi elle atteint une telle température.
De nouvelles images du Soleil, réalisées par le grand télescope solaire Daniel K. Inouye, sur l’île de Maui à Hawaï, et publiées mercredi dans la revue Nature, viennent d’apporter une réponse cruciale. D’une résolution très fine, de l’ordre de la dizaine de kilomètres, jamais obtenue auparavant, elles montrent une surface solaire agitée par des tourbillons immenses et dynamiques, prédits par la théorie, qui expliquent les processus nécessaires à la libération de l’énergie nécessaire pour chauffer la couronne solaire.
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La sonde spatiale privée Link, qui doit sauver le télescope Swift de la NASA, est en difficulté. Son opérateur, Katalyst Space, tente d’en reprendre le contrôle sans mettre la mission en péril. Des progrès ont été accomplis, mais la situation demeure incertaine
L’observatoire spatial américain Neil Gehrels Swift est en péril. Placé en orbite en 2004, à 600 km de la Terre, il perd de l’altitude et pourrait se désintégrer dans l’atmosphère d’ici à la fin de l’année. Ce serait une perte immense pour les astrophysiciens: rebaptisé du nom de son concepteur, décédé en 2017, c’est en effet l’unique observatoire spatial capable de détecter les sursauts gamma qui se produisent dans des galaxies lointaines et d’épier leur source dans une large gamme spectrale (rayons X, ultraviolet et visible).
En septembre dernier, la NASA a confié une mission de sauvetage à une start-up créée en 2020, Katalyst Space. Celle-ci a conçu, en un temps record, un robot spatial baptisé Link qui doit en principe capturer Swift, rehausser son orbite, avant de le relâcher pour lui offrir une seconde vie.
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Ce projet, nommé GW Ranch, pourrait devenir la plus importante source d’émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis: la centrale a reçu l’autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an
Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d’émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain. Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d’immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l’énergie requise par le boom lié à l’IA.
Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n’importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.
La centrale a l’autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n’importe quelle autre infrastructure dans le pays.
A l’aide d’images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.
Un porte-parole du géant américain a confirmé l’information, en insistant: «Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l’alimentation de nos opérations.» «C’est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n’augmentera pas les prix de l’électricité pour les foyers texans», a-t-il ajouté, sur fond d’inquiétude politique sur une hausse des factures.
L’entreprise affirme qu’elle «explore les possibilités» d’ajouter de l’énergie solaire au site et qu’elle utilisera de l’eau non potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d’ici à 2040.
La soif d’électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d’infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors réseau, comme d’immenses groupes électrogènes.
Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d’émissions responsables du réchauffement climatique, d’autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.
Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.
A mesure que les incendies violents se multiplient, l’impact des particules rejetées dans l’air fait l’objet de nouvelles études. Se propageant bien au-delà des zones sinistrées, elles exposent à un cocktail de polluants dont les effets, notamment sur les femmes enceintes et les enfants, inquiètent
Il y a bien sûr les flammes, meurtrières, qui blessent et dévorent tout sur leur passage. Mais la force destructrice des feux de forêt ne se résume de loin pas au feu lui-même: les fumées affectent, elles aussi, profondément la santé. Une menace à la croissance rapide, et létale.
A mesure que ces incendies violents se multiplient, attisés par le changement climatique, de plus en plus de scientifiques auscultent l’impact de la matière végétale carbonisée dans l’air. D’autant que ces fumées se propagent vite, traversant les frontières et affectant des populations loin du brasier. Chaque année, les panaches rejetés tueraient 1,5 million de personnes, «soit plus que les inondations, les incendies, les tempêtes et la canicule réunis», souligne le Guardian ce samedi, citant une étude de 2024.
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Dans «Héritages. Fils de rois ou fils de rien», l’essayiste Olivia Karam explore des affaires célèbres de paternité contestée, de Charlie Chaplin à Yves Montand. Derrière ces feuilletons judiciaires se dessine une question plus large: que change l’ADN dans notre manière de penser la filiation, l’identité et le droit de savoir d’où l’on vient?
On croyait les secrets de famille enfouis dans les albums, les silences, les lettres jamais envoyées ou les noms tus au moment des repas. On les retrouve désormais suspendus à un tube de salive, à un prélèvement, à une comparaison de séquences génétiques. Un père supposé, un enfant en quête de reconnaissance, une célébrité assignée à répondre, une dépouille exhumée plusieurs décennies après la mort: la filiation, longtemps affaire de récits, de droit et de transmission, semble désormais ramenée à la preuve de l’ADN.
C’est tout l’intérêt du livre d’Olivia Karam, Héritages. Fils de rois ou fils de rien, paru ce printemps, que de partir de ces affaires spectaculaires pour interroger l’obsession contemporaine de savoir d’où l’on vient, de qui l’on descend, à quel nom, à quel corps, à quelle histoire on peut se rattacher. L’ouvrage aligne des cas célèbres, de Charlie Chaplin à Yves Montand, de Salvador Dalí à Dominique Desseigne, de Boris Becker à Jay-Z, comme autant de feuilletons judiciaires où la paternité devient affaire de vérité, de pouvoir, d’argent, mais aussi de vertige intime.
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Les autorités canadiennes ont déclaré samedi l'état d'urgence dans la province occidentale de la Colombie-Britannique où se propage rapidement un énorme incendie de forêt. Il a contraint plus de 20'000 personnes à évacuer pendant la nuit
Des vents ont attisé l'incendie de Bald Range près du lac Okanagan au sud de la Colombie-Britannique, qui a pris rapidement de l'ampleur et a déjà ravagé plus de 10'000 hectares, touchant les populations des vallées environnantes.
Les pompiers de la province ont signalé un total de 102 feux de forêt actifs sur le territoire dimanche matin, dont près de la moitié paraissent hors de contrôle. «Au cours des dernières 24 heures, une allure extrême des feux a été observée dans le sud de la Colombie-Britannique en raison de conditions de chaleur et de sécheresse persistantes», ont indiqué les pompiers.
Les opérations d'intervention d'urgence ont été entravées par "une allure extrême des feux associée à une très mauvaise visibilité", ont-ils ajouté.
La Gendarmerie royale du Canada a déclaré «mener une enquête» sur un éventuel décès signalé par un habitant de Meadow Valley. Les autorités n'ont encore communiqué aucun bilan relatif à des victimes et aux dégâts. Selon CTV News, plus de 50 personnes ont dû être évacuées par voie aérienne de la localité de Faulder.
«Nous savons qu'il y a eu des pertes importantes de maisons et de biens. Nous savons aussi que certaines personnes se sont retrouvées piégées, les conditions ayant changé très rapidement», a déclaré samedi le Premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, dans un communiqué. «Des évacuations aériennes sont en cours pour des personnes qui sont restées isolées» par l'incendie, a ajouté David Eby.
L'incendie a été signalé pour la première fois tôt vendredi soir et David Eby a averti samedi qu'il «reste extrêmement actif et que d'importants défis subsistent».
Kelly Greene, ministre provinciale de la Gestion des situations d'urgence et de la Préparation aux changements climatiques, a déclaré l'état d'urgence.
Les trois dernières saisons des feux ont été parmi les plus destructrices jamais enregistrées au Canada, vaste pays qui se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a salué sur X les pompiers du pays qui travaillent «inlassablement pour assurer la sécurité des citoyens».
«Le gouvernement fédéral est prêt à aider et à soutenir le gouvernement de la Colombie-Britannique dans ces efforts. Mes pensées vont à toutes les personnes qui ont été forcées de quitter leur domicile et j'espère qu'elles pourront y retourner saines et sauves rapidement», a déclaré Mark Carney.
Abritant plus d'un quart des forêts boréales mondiales, dont près de 40% sont non-aménagées - c'est-à-dire laissées à leur état naturel - le Canada n'a pas les moyens humains et matériels d'éteindre l'ensemble de ces feux et concentre ses efforts sur la protection des zones peuplées, notamment par des populations autochtones.
Une quatrième vague de chaleur touche la Suisse dès dimanche, avec des températures montant jusqu’à 36 degrés. Elle devrait durer en tout cas une semaine et risque de provoquer de nouveaux records de chaleur en altitude
Préparez-vous à fermer une nouvelle fois vos stores, une quatrième vague de chaleur s’abat sur la Suisse. Déjà présente dans les régions de plaine au sud des Alpes, elle s’étend dès dimanche à la région lémanique, à une bande de territoire située entre la région des Trois-Lacs et la région de Bâle-Schaffhouse, ainsi que sur une partie du Plateau central et oriental et la vallée du Rhin, selon le bulletin de vigilance de MétéoSuisse. Ces régions sont en alerte canicule de niveau 3.
Les températures vont augmenter pendant la semaine, jusqu’au 16 août environ, atteignant des sommets à 31 et 36 °C dans tout le pays. Les plus basses se situeront entre 19 et 23 °C au sud, et au nord, entre 16 et 21 °C, avec une humidité relative entre 30 et 50%. «Les nuits seront probablement tropicales aux abords des grands lacs, d’autant plus que la température de l’eau est très élevée», prévient le météorologue Olivier Duding au micro de la RTS.
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L'Europe occidentale vient de connaître la «période juin-juillet la plus chaude jamais enregistrée», sur fond de vagues de chaleur à répétition, a annoncé lundi Copernicus. Au niveau mondial, les océans ont aussi atteint en juillet 2026 les niveaux de chaleur «les plus élevés jamais enregistrés pour ce mois»
Vagues de chaleur à répétition, sécheresse généralisée et incendies dramatiques: l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud jamais enregistré, avec une période juin-juillet à un niveau record. Les océans de la planète ont aussi atteint en juillet 2026 des niveaux de chaleur inédits pour ce mois, a indiqué lundi Copernicus, l'observatoire européen du changement climatique dans son bulletin mensuel.
«Nous n'avons pas connu un tel climat de notre vivant et peut-être même pas depuis l'avènement de notre civilisation», avait alerté mercredi devant les journalistes Carlo Buontempo, directeur du Copernicus Climate Change Service (C3S).
A l'échelle mondiale, juillet 2026 est devenu, à égalité avec juillet 2024, le deuxième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, seulement dépassé par juillet 2023. Mais c'est en Europe occidentale, sur le continent qui se réchauffe le plus vite, que le phénomène est le plus marqué.
La température moyenne combinée dans cette zone pour juin et juillet s'est élevée à 21,62°C, dépassant le record de 2022 et «reflétant la persistance exceptionnelle de la chaleur» cet été, indique Copernicus.
Juin 2026 était déjà un mois de chaleur record pour la région et juillet se classe au deuxième rang des mois de juillet les plus chauds: avec une température moyenne de 22,48°C (2,53°C supérieure aux normales de la période 1991-2020), il arrive juste derrière juillet 2006 (22,54°C).
Depuis mai, l'Europe de l'Ouest a subi quatre épisodes de chaleurs extrêmes, dont deux en juillet. Ces vagues de chaleur ont alimenté une sécheresse quasi généralisée en France, en Espagne, dans certaines régions d'Allemagne et au Royaume-Uni.
Copernicus signale qu'en juillet, les niveaux d'humidité des sols en Europe occidentale «étaient nettement inférieurs à ceux de juillet 2022, dernier été marqué par une grave sécheresse» dans cette région. C'est «un exemple clair de la façon dont le changement climatique intensifie les extrêmes thermiques, la chaleur et la sécheresse se renforçant mutuellement», explique Samantha Burgess, une responsable de Copernicus.
Conséquences directes: les débits fluviaux ont été «exceptionnellement bas», notamment sur la Seine, le Rhin et le Danube. Ces faibles niveaux ont accru la pression sur l'approvisionnement en eau, l'irrigation, les écosystèmes aquatiques, le transport fluvial et la production d'énergie dans plusieurs pays.
Ces conditions ont également «favorisé une activité exceptionnelle des feux de forêt dans cette région, tant en termes de superficie brûlée que d'émissions» de carbone, indique Copernicus. En France, environ 42 000 hectares ont été parcourus lors d'un gigantesque incendie en Gironde, et en Espagne, ce sont 44 000 hectares qui sont partis en fumée dans la province d'Avila.
En juillet, les océans du globe ont atteint des températures record pour le deuxième mois consécutif. La température moyenne mondiale à la surface des mers a atteint 20,96°C, dépassant le précédent record de 2023.
La chaleur océanique a atteint des «niveaux exceptionnellement élevés» sur une grande partie du Pacifique tropical, une zone où les conditions actuelles du cycle climatique naturel El Niño – qui a tendance à réchauffer les eaux et les températures mondiales et à alimenter les phénomènes extrêmes comme les sécheresses et les inondations – «devraient encore s'intensifier au cours des prochains mois».
«Nous sommes confrontés à un El Niño très important, dont l'ampleur pourrait être sans précédent», a indiqué Carlo Buontempo, estimant que cela pourrait conduire à un nouveau record de température moyenne mondiale d'ici la fin de l'année ou au début 2027. Mais «le principal moteur de ce réchauffement − comme nous le savons − réside dans les gaz à effet de serre» émis par l'humanité dans l'atmosphère, ajoute-t-il.
Déjà, autour de l'Europe, les eaux de la Méditerranée occidentale et de la façade atlantique connaissent des températures inhabituellement élevées en juillet, associées à des épisodes de canicule marine.
Les épisodes El Niño atteignent généralement leur pic à la fin de l'année, lorsque la chaleur accumulée dans l'océan libérée dans l'atmosphère fait grimper les températures mondiales.
L’inventeur du phonographe se piquait de développer un «nécrophone» apte à recueillir la parole des défunts. La chose n’a pas réellement fonctionné
Lorsque par malheur il se retourne vers Eurydice, la dernière chose qu’Orphée perçoit de celle qui meurt alors une seconde fois est un «adieu!» ténu, quod iam uix auribus ille («qu’il n’entendrait plus qu’à peine»), écrit Ovide dans Les Métamorphoses. On peut en effet poser la question suivante: est-ce que, plutôt que de ne plus pouvoir les toucher ou les voir, ce ne serait pas le fait de ne plus parvenir à dialoguer avec nos chers disparus qui nous plongerait dans la peine?
Communiquer avec les morts, c’est l’affaire, entre autres, du spiritisme, particulièrement au tournant des XIXe et XXe siècles. Mais l’affaire est un peu fruste: épeler péniblement, sur un ouija, les paroles d’un défunt, se contenter de coups frappés pour indiquer un «oui» ou un «non», voilà qui reste fort aride.
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Faute de précipitations durables, le Rhin s'assèche et pourrait se couper en deux. Les autorités allemandes redoutent un coup d'arrêt pour le transport de marchandises. Les transporteurs font déjà face à une hausse des coûts logistiques
Déjà à des niveaux historiquement bas faute de précipitations durables, le Rhin pourrait bientôt ne plus être navigable sur l’ensemble de son cours en Allemagne et se retrouver coupé en deux, a averti lundi la Fédération allemande de la navigation intérieure (BDB). «L’évolution des niveaux d’eau n’annonce rien de bon», a déclaré au quotidien Rheinische Post Jens Schwanen, directeur général de la BDB.
Selon lui, le manque de pluie fait que le niveau d’eau à Kaub, en Rhénanie-Palatinat, entre Coblence et Mayence (ouest), point de référence essentiel pour la navigation et l’économie, devrait tomber pour la première fois cette semaine sous les 10 centimètres.
À de tels niveaux d’eau, le Rhin «ne sera plus navigable de manière continue et se retrouvera scindé en deux», empêchant la continuité dans cette région tant pour le transport commercial de marchandises que pour les bateaux d’excursion, a expliqué Jens Schwanen.
Lundi matin, le niveau de référence à Kaub s’établissait à 17 cm, ce qui correspond à une profondeur du chenal navigable de 130 cm, selon la station de mesure locale. Le précédent minimum de référence à Kaub remontait à 2018, avec 25 cm, d’après l’autorité des voies navigables (WSV).
Le trafic fluvial restera possible entre les ports ARA (Amsterdam, Rotterdam, Anvers) et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie jusqu’aux environs de Cologne, via le Rhin et le réseau de canaux de l’ouest de l’Allemagne, selon Jens Schwanen. Plus au sud, la navigation pourra se poursuivre sur des affluents comme le Neckar, la Moselle, le Main et le canal Main-Danube.
Conséquence d’un déficit chronique de précipitations combiné à de fortes chaleurs, plusieurs cours d’eau allemands ont enregistré ces derniers jours des niveaux historiquement bas, des phénomènes exacerbés par le changement climatique.
Sur le Rhin, des minima records ont ainsi été relevés ce week-end en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ces faibles niveaux d’eau font que les bateaux transportant des marchandises ne peuvent embarquer qu’une fraction de leur chargement habituel. Les transporteurs doivent multiplier les rotations, ce qui renchérit fortement les coûts logistiques.
Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a évoqué jeudi dernier la possibilité de suspendre temporairement l’interdiction de circulation des poids lourds les dimanches et jours fériés afin de transférer davantage de fret vers la route. Des Länder comme la Sarre et la Rhénanie-Palatinat ont déjà mis en œuvre cette mesure.
Cinquante ans après la première mission d’exploration spatiale sur la planète rouge, les scientifiques ignorent encore si des organismes vivants l’ont un jour peuplée. Malgré l’échec de ses expériences biologiques, le programme Viking permit cependant d’obtenir un grand nombre d’informations sur la géographie de Mars, son climat, son atmosphère, son sol
«Il y a de cela de nombreuses années, dit-on, un célèbre directeur de journal envoya un télégramme à un astronome renommé: «Câblez immédiatement 500 mots établissant si la vie sur Mars existe ou non.» L’astronome répondit consciencieusement: «Nobody knows, nobody knows…» [personne ne le sait], 250 fois.» L’Américain Carl Sagan (1934-1996), planétologue engagé dans les grandes missions d’exploration du Système solaire de la NASA des années 1970-1980 et par ailleurs immense vulgarisateur, adorait raconter cette histoire emblématique du mystère de la vie martienne, au point qu’elle ouvre un des chapitres de son livre Cosmos (Ed. Mazarine, 1981).
En ce mois de juillet 2026, on ignore toujours si des organismes vivants ont un jour peuplé la planète rouge, mais on célèbre le 50e anniversaire de la première mission d’exploration spatiale qui a tenté de le savoir. Le 20 juillet 1976, Viking débarquait sur Mars.
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Un décret présidentiel américain met en place de nouvelles recommandations, notamment dissocier les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons. Lors de la présentation du texte, le président a fait à plusieurs reprises un lien avec l'autisme
Donald Trump relance son offensive contre les vaccins: il a signé lundi un décret contenant de nouvelles recommandations en matière de vaccins, appelant à espacer leur administration aux enfants.
«Il y a des décennies, les enfants ne recevaient qu'une petite fraction des vaccins demandés aujourd'hui. A l'époque les gens étaient en bien meilleure santé et, bien sûr, le taux élevé d'autisme que nous voyons aujourd'hui n'existait pas», a par exemple dit Donald Trump dans le Bureau ovale, où il a mentionné ce trouble neuro-développemental à plusieurs reprises. «Nous ne savons pas» ce qui cause l'autisme, a-t-il toutefois reconnu.
La recherche médicale n'a jamais établi de liens entre autisme et vaccination, mais le président américain comme son ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr continuent de suggérer qu'il pourrait y en avoir un.
Le président américain a parlé d'injections «de la taille d'une bouteille de soda» qui seraient administrées aux enfants aux Etats-Unis, sans apporter de précisions sur cette comparaison incroyable.
Le texte recommande par ailleurs de dissocier en particulier les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, au lieu de les administrer en une injection, a fait savoir Donald Trump. Le ministère mettra ainsi en place un groupe de travail chargé de proposer ces vaccins sous forme individuelle «en collaborant avec le secteur privé et d'autres pays, le cas échéant».
Lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes, Andrew Racine, président de l'Académie américaine de pédiatrie (AAP), a estimé qu'il faudrait plus d'une décennie pour mettre au point des vaccins séparés homologués aux Etats-Unis.
«Nous recommandons de continuer à administrer aux enfants un vaccin dont la sécurité est étayée par des décennies de données», a ajouté Aaron M. Milstone de l'AAP.
Dans un appel distinct, des hauts responsables de la Maison-Blanche ont été interrogés sur les raisons pour lesquelles le président souhaitait dissocier ces vaccins. Ils n'ont fourni aucune explication claire.
Le sénateur républicain Bill Cassidy lui-même médecin, a affirmé sur X que ce décret ne ferait qu'«accroître la méfiance et compromettre la sécurité des enfants». «Ce décret est une erreur. Le président ne dispose pas de l'expertise nécessaire pour mettre en oeuvre ces changements. Les vaccins sont extrêmement sûrs. Les vaccins sont efficaces. Les vaccins NE PROVOQUENT PAS l'autisme», a-t-il ajouté.
Le gouvernement fédéral, n'ayant pas l'autorité pour prendre directement des décisions en matière de vaccins, se contente de conseiller aux Etats américains de revoir les vaccins obligatoires pour fréquenter des établissements scolaires. Ce décret signé lundi arrive au moment où des millions d'enfants feront leur retour sur les bancs des écoles du pays, qui connaît sa pire épidémie de rougeole depuis 35 ans.
Connu pour ses positions antivaccins, Robert Kennedy Jr a initié depuis sa nomination comme ministre de la Santé un large réexamen des vaccins, dont certains utilisés depuis des décennies, remanié le calendrier des vaccinations pédiatriques et coupé des financements au développement de nouveaux vaccins, autant de mesures vivement condamnées par la communauté médicale et scientifique.
La justice américaine avait suspendu plus tôt dans l'année la refonte de la politique vaccinale américaine qu'il avait initiée. Plusieurs associations de soignants affirmaient alors que ces nouvelles mesures étaient illégales.
«Les modifications proposées par l'administration Trump au calendrier vaccinal des enfants illustrent les risques liés au fait de laisser les recommandations du gouvernement occuper une place privilégiée dans la prise de décision médicale», a déclaré Jeffrey Singer de l'institut Cato dans un communiqué.
Dès les années 1960, le psychologue letton s’est intéressé aux «phénomènes de voix électronique». De prétendus messages de l’au-delà qui lui permirent de converser avec sa défunte mère, mais pas seulement
En 1928, l’ingénieur allemand Fritz Pfleumer invente la bande magnétique: un ruban de matière plastique recouvert, sur l’une de ses faces, d’oxyde ferrique (Fe2
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L’historien du climat Laurent Litzenburger analyse les parallèles avec cette année exceptionnelle du petit âge glaciaire. L’Europe d’alors avait subi onze mois sans pluie, des feux incontrôlables et 800 000 morts. 2026 s’inscrit davantage dans une nouvelle normalité, celle du réchauffement climatique
Chercheur associé au Centre de recherche universitaire lorrain d’histoire (CRULH), à l’Université de Lorraine, Laurent Litzenburger est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes en climatologie historique. Il évoque une année exceptionnelle, à l’âge préindustriel, comme précédent ce que l’Europe vit durant cet été. Si la comparaison est difficile, on peut toutefois en tirer quelques leçons. Entretien.
Le Temps: Pour l’historien du climat, l’épisode de sécheresse et d’incendies de forêts que connaît le continent a-t-il des précédents?
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Une start-up américaine a obtenu le feu vert de Washington pour lancer un premier miroir dans l’espace. Objectif: démontrer que la lumière du Soleil, réfléchie la nuit par des milliers de réflecteurs en orbite, pourrait éclairer les villes, doper la production d’énergie solaire ou les rendements agricoles
Le problème de la nuit, c’est qu’il fait… nuit. Les savants russes l’avaient bien compris, qui avaient espéré installer des miroirs en orbite pour remplacer l’éclairage urbain, en particulier dans les régions reculées. Déployée en 1993, la voile miroir Znamya 2 − un cercle de 20 mètres de diamètre −, avait survolé une partie de l’Europe et de la Russie pendant quelques heures, promenant au sol un spot de 5 kilomètres de diamètre, d’une luminosité équivalente à celle d’une pleine lune… dans les rares régions qui n’étaient pas couvertes de nuages. Après qu’une seconde voile orbitale s’est déchirée lors de son déploiement, en 1999, Moscou avait jeté l’éponge.
Depuis, notre planète se couvre à grande vitesse de panneaux solaires, lesquels cessent de fonctionner la nuit venue. Pourquoi ne pas les éclairer depuis le ciel et prolonger leur fonctionnement à l’aube et au crépuscule, voire les rendre capables de produire du courant 24h/24?
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Alors que se profile l’éclipse solaire du 12 août, l’engouement pour cet événement spectaculaire a vidé les stocks de lunettes protectrices. Des files d’attente de plusieurs centaines de personnes se forment devant les derniers magasins à en vendre
Il y a 50 ans, la mission Viking ouvrait l’ère de l’exploration à la surface de la planète rouge. Depuis, de multiples astromobiles lui ont succédé, apportant à la découverte de ses reliefs une dose de mobilité. Une ère loin d’être terminée, puisque la Chine et l’Europe projettent d’y envoyer de nouveaux engins en 2028
Il existe trois espèces de Martiens. Les êtres plus ou moins verts inventés par la science-fiction constituent la première. La deuxième est composée des scientifiques se consacrant à l’étude de Mars, parmi lesquels on compte le planétologue français Sylvestre Maurice – «Quand je me présente dans les écoles pour des conférences, je dis que je suis un Martien», confirme-t-il. La troisième espèce descend de la précédente: elle regroupe les machines nées sur Terre qui se sont posées sur la planète rouge. La seule planète du Système solaire qu’arpentent uniquement des robots.
Si l’on met de côté la mission soviétique Mars 3, avec laquelle le contact a été perdu quelques secondes après son atterrissage en 1971, le premier de ces Martiens mécaniques fut Viking 1, posé dans la plaine de Chryse Planitia il y a 50 ans, le 20 juillet 1976, et suivi quelques semaines plus tard par son frère jumeau, Viking 2.
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The deployment is expected to cost in the billions after it was quietly extended until Inauguration Day of 2029.
A week after the Michigan primary, tests of progressive power will play out in the Midwest, raising questions of whether far left candidates can win come November or if the GOP can pick up moderates.
We asked people to share the story of how they became a Deadhead and received hundreds of responses. Their stories are tender, comical and sometimes spiritual.
New research from the March of Dimes says more than half of U.S. counties have no labor and delivery hospitals. One Black midwife tries to make a difference for moms in Alabama.
A Syrian court sentenced Assad along with his brother to death in absentia for crimes against humanity and war crimes during Syria's 14-year conflict that left about half a million people dead.
From Nobel Prize-winning research to the Laffer Curve, Scabby the Rat, Veblen's peacock, and more — the economic ideas and inside jokes hiding throughout Planet Money's new board game.
Destin Daniel Cretton grew up in Maui, and says movies expanded his perspective: "I have always found movies to be a way of peering into other lives that I would never otherwise experience," he explains.
Parents may be confused about the status of vaccines for their kids after President Trump's new executive order. It's important to know nothing is changing right away.
Chuck Redd canceled his annual Christmas Eve performance to protest Trump's name being added to the complex. In June, a superior court judge dismissed the Kennedy Center's lawsuit against Redd.
Sen. Darline Graham, who is serving out the remainder of her brother's term, faces a crowded field of candidates to replace him on the ballot as the Republican nominee for U.S. Senate in November.
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