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EN DIRECT, enlèvement de Maduro au Venezuela : le président vénézuélien incarcéré à New York ; des manifestations à Amsterdam et à Madrid contre « l’agression impérialiste »

Le président vénézuélien est arrivé à New York, où il devrait être inculpé pour trafic de drogue. Donald Trump a affirmé, samedi soir, que les Etats-Unis vont « diriger » le Venezuela et y installer des compagnies pétrolières américaines.

Posez votre question à la rédaction :

Le point sur la situation, dimanche à la mi-journée

Le président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, a été incarcéré, dimanche, dans une prison new-yorkaise après sa capture spectaculaire et controversée par les Etats-Unis. Il doit comparaître, à une date indéterminée, devant un juge pour répondre notamment de « narcoterrorisme » et d’importation de cocaïne aux Etats-Unis.
La Maison Blanche a diffusé, samedi soir, une vidéo de M. Maduro, menotté et en sandales, escorté par des agents dans les locaux de la Drug Enforcement Agency (DEA), l’agence fédérale de lutte contre le trafic de drogue, avant d’être conduit dans une prison fédérale du quartier de Brooklyn.
Les Etats-Unis entendent « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse », a déclaré Donald Trump lors d’une conférence de presse en Floride samedi, sans préciser comment les Etats-Unis allaient procéder. Il a également fait part de ses intentions d’accaparer les vastes réserves en hydrocarbure du Venezuela au profit des grandes entreprises pétrolières américaines.
Au Venezuela, la Cour suprême a confié l’intérim du pouvoir à la vice-présidente, Delcy Rodriguez. Mais elle n’a pas déclaré M. Maduro définitivement empêché, ce qui aurait déclenché une élection présidentielle anticipée sous trente jours. Nicolas Maduro est « l’unique président du pays », avait auparavant déclaré Mme Rodriguez, en exigeant sa « libération immédiate ».
L’opération militaire américaine a été vivement condamnée par les alliés de Caracas – la Chine, la Russie, l’Iran ou la Colombie –, et les critiques ont fusé également en Europe, à l’ONU, et dans diverses capitales latino-américaines et européennes pour critiquer le recours à la force contre un état souverain et « une violation du droit international ». Seuls quelques gouvernements pro-Trump, tels ceux de l’Argentine ou d’Israël, ont applaudi.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir, lundi matin, à la demande du Venezuela, soit deux jours après l’opération militaire américaine à Caracas, dont le bilan humain reste inconnu. Côté américain, les Etats-Unis ont affirmé qu’aucun militaire n’avait été tué lors de l’opération.

En France, la position d’Emmanuel Macron, qui a déclaré « prendre acte » de la fin de la « dictature Maduro », sans évoquer les attaques américaines ayant abouti à sa capture, a fait l’objet de vives critiques, notamment de la part de la gauche, qui l’accuse de complaisance envers les Etats-Unis.

Le Conseil de l’Europe met en garde contre le « deux poids, deux mesures »
L’intervention américaine au Venezuela soulève de « graves questions au regard du droit international », a déclaré le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, avertissant des risques de faire « deux poids, deux mesures ».
« En tant qu’organisation régionale multilatérale dédiée à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’Etat de droit, le Conseil de l’Europe considère que tout recours à la force sur le territoire d’un autre Etat

soulève de graves questions au regard du droit international, notamment des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non-ingérence », écrit M. Berset dans un communiqué.

Après la capture du président vénézuélien par les forces américaines, il avertit du risque d’« aggravation de la polarisation au Venezuela, dans toute la région et à l’échelle mondiale, entre ceux qui condamnent une grave violation du droit international et ceux qui l’estiment justifiée. Ces fractures fragilisent les fondations de la sécurité internationale ».
« Qu’on parle de changement de régime ou d’influence étrangère, on applique trop souvent deux poids, deux mesures, dicté par des intérêts stratégiques ou une proximité idéologique plutôt que par des principes juridiques partagés et constants », écrit M. Berset. « Le droit international est universel, ou il est dénué de sens », insiste-t-il. « Un monde régi par des exceptions, un deux poids deux mesures ou des sphères d’influence concurrentes est un monde plus dangereux. »
Alors que le président américain Donald Trump a annoncé, hier, que les Etats-Unis avaient l’intention de « diriger » la transition au Venezuela, le secrétaire général du Conseil de l’Europe appelle à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ».

A Catia La Mar, des dommages collatéraux à la suite de l’attaque américaine
Au lendemain de l’attaque américaine visant à enlever le président Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores, les habitants de Catia La Mar, au Venezuela, ont constaté des dégâts sur leurs habitations, qu’ils attribuent à l’opération.
Deux habitants observent un immeuble endommagé, après l’attaque des Etats-Unis, à Catia La Mar, au Venezuela, le 4 janvier 2026. GABY ORAA / REUTERS
Jonathan Mayoral aide des proches à nettoyer leur appartement, qui, selon les résidents, a été endommagé lors des opérations militaires américaines à Catia La Mar, au Venezuela, le dimanche 4 janvier 2026. MATIAS DELACROIX / AP
Reggie Carrera examine les dégâts causés à la maison de son ami Jesus Linares, qui affirme qu’elle a été touchée lors des opérations militaires américaines à Catia La Mar, au Venezuela, le 4 janvier 2026. MATIAS DELACROIX / AP
Jesus Linares retire un tableau représentant Simon Bolivar, héros de l’indépendance, de son domicile, qui, selon lui, a été touché lors des opérations militaires américaines visant à capturer le président vénézuélien, Nicolas Maduro, à Catia La Mar, au Venezuela, le dimanche 4 janvier 2026. MATIAS DELACROIX / AP

Des centaines de manifestants devant le consulat des Etats-Unis à Amsterdam
Comme à Madrid, plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté à la mi-journée devant le consulat des Etats-Unis à Amsterdam, la capitale des Pays-Bas, brandissant des pancartes « Yankees go home » (« les Américains, rentrez chez vous »), « Stop killing for oil » (« arrêtez de tuer pour du pétrole ») ou encore « Stop Trumps Fossil Army » (« Stop à l’armée des hydrocarbures de Trump »), a rapporté l’agence de presse Algemeen Nederlands Persbureau (ANP).
Ils répondaient à l’appel de plusieurs organisations des mouvances pacifiste et antifa, détaille l’Agence France-Presse (AFP).
Une manifestation contre l’opération américaine visant à capturer le président vénézuélien, devant le consulat américain à Amsterdam, le 4 janvier 2026. ROBIN VAN LONKHUIJSEN / AFP
Une manifestation contre l’opération américaine visant à capturer le président vénézuélien, devant le consulat américain à Amsterdam, le 4 janvier 2026. ROBIN VAN LONKHUIJSEN / AFP
Une manifestation contre l’opération américaine visant à capturer le président vénézuélien, devant le consulat américain à Amsterdam, le 4 janvier 2026. PETER DEJONG / AP

Bonjour,
Le président ukrainien a réagi à l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis, samedi, lors d’un point presse à Kiev. Ce point presse était organisé au terme d’une rencontre entre les conseillers à la sécurité de quinze pays, dont la France, l’Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l’UE et de l’OTAN, pour examiner les détails de la dernière mouture du plan de sortie du conflit avec la Russie.
Devant le parterre de journalistes réunis à Kiev, Volodymyr Zelensky a esquissé un rictus – comme on peut le voir sur cette vidéo – lorsqu’il a été questionné sur l’opération militaire américaine. « S’il est possible de traiter avec des dictateurs de cette façon, aussi facilement, alors les Etats-Unis d’Amérique savent ce qu’il faut faire ensuite », a-t-il lancé.
Sans le nommer, M. Zelensky visait Vladimir Poutine, son homologue russe, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre.
Pour saisir les répercussions pour l’Ukraine et la Russie de la capture du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis je vous conseille cette analyse de nos journalistes Claire Gatinois et Benjamin Quenelle.

Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens « s’ils prennent de bonnes décisions », affirme Marco Rubio
Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place « s’ils prennent de bonnes décisions », a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l’embargo pétrolier.
« S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font », a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d’une interview à la chaîne CBS.

Sur Le Monde aujourd’hui
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A Madrid, des milliers de personnes dénoncent l’« agression impérialiste » au Venezuela
Plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés dimanche matin devant l’ambassade des Etats-Unis à Madrid pour dénoncer une « agression impérialiste », après l’enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro.
Les manifestants ont brandi de nombreuses pancartes montrant notamment Donald Trump avalant goulûment un bidon de pétrole aux couleurs du drapeau vénézuélien, une autre clamant « Trump agresseur », tandis que sur une banderole on pouvait lire « Non à l’agression impérialiste contre le Venezuela ».
Plusieurs drapeaux de la formation d’extrême gauche espagnole Podemos ou du Parti communiste espagnol étaient également visibles parmi les drapeaux vénézuéliens agités devant l’ambassade, en plein cœur de Madrid.
Le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, dont le pays a accueilli le candidat de l’opposition à la présidentielle vénézuélienne de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil, avait déjà condamné samedi « une intervention qui viole le droit international », jugeant que cette opération « [poussait] la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », et avait appelé à une transition « juste et dans le dialogue ».
Une caricature du président américain, Donald Trump, buvant un baril de pétrole vénézuélien réalisée par le dessinateur portugais Vasco Gargalo, brandie lors d’une manifestation contre l’opération américaine visant à capturer le président vénézuélien, devant l’ambassade américaine, à Madrid, le 4 janvier 2026. VIOLETA SANTOS MOURA / REUTERS
Manifestation devant l’ambassade américaine à Madrid contre la capture du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et de son épouse Cilia Flores, à Madrid, le 4 janvier 2026. VIOLETA SANTOS MOURA / REUTERS
Une pancarte sur laquelle on peut lire « À bas l’agression impérialiste américaine contre le Venezuela, Trump est un criminel de guerre » lors d’une manifestation contre l’opération américaine visant à capturer le président vénézuélien, devant l’ambassade des États-Unis à Madrid, le 4 janvier 2026. THOMAS COEX / AFP

Le point sur la situation, dimanche à la mi-journée

Le président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, a été incarcéré, dimanche, dans une prison new-yorkaise après sa capture spectaculaire et controversée par les Etats-Unis. Il doit comparaître, à une date indéterminée, devant un juge pour répondre notamment de « narcoterrorisme » et d’importation de cocaïne aux Etats-Unis.
La Maison Blanche a diffusé, samedi soir, une vidéo de M. Maduro, menotté et en sandales, escorté par des agents dans les locaux de la Drug Enforcement Agency (DEA), l’agence fédérale de lutte contre le trafic de drogue, avant d’être conduit dans une prison fédérale du quartier de Brooklyn.
Les Etats-Unis entendent « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse », a déclaré Donald Trump lors d’une conférence de presse en Floride samedi, sans préciser comment les Etats-Unis allaient procéder. Il a également fait part de ses intentions d’accaparer les vastes réserves en hydrocarbure du Venezuela au profit des grandes entreprises pétrolières américaines.
Au Venezuela, la Cour suprême a confié l’intérim du pouvoir à la vice-présidente, Delcy Rodriguez. Mais elle n’a pas déclaré M. Maduro définitivement empêché, ce qui aurait déclenché une élection présidentielle anticipée sous trente jours. Nicolas Maduro est « l’unique président du pays », avait auparavant déclaré Mme Rodriguez, en exigeant sa « libération immédiate ».
L’opération militaire américaine a été vivement condamnée par les alliés de Caracas – la Chine, la Russie, l’Iran ou la Colombie –, et les critiques ont fusé également en Europe, à l’ONU, et dans diverses capitales latino-américaines et européennes pour critiquer le recours à la force contre un état souverain et « une violation du droit international ». Seuls quelques gouvernements pro-Trump, tels ceux de l’Argentine ou d’Israël, ont applaudi.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir, lundi matin, à la demande du Venezuela, soit deux jours après l’opération militaire américaine à Caracas, dont le bilan humain reste inconnu. Côté américain, les Etats-Unis ont affirmé qu’aucun militaire n’avait été tué lors de l’opération.
En France, la position d’Emmanuel Macron, qui a déclaré « prendre acte » de la fin de la « dictature Maduro », sans évoquer les attaques américaines ayant abouti à sa capture, a fait l’objet de vives critiques, notamment de la part de la gauche, qui l’accuse de complaisance envers les Etats-Unis.
L’ampleur des dégâts au Venezuela témoigne de la violence de l’attaque américaine

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« Le départ de Nicolas Maduro est une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens », assure Jean-Noël Barrot
Le « départ » du président vénézuélien Nicolas Maduro, enlevé par les Etats-Unis lors d’une opération militaire samedi, est « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens », a assuré dimanche le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, au journal télévisé de France 2, explicitant la position de la France, celle de dire que « Nicolas Maduro était un dictateur sans scrupule, qui a confisqué leur liberté aux Vénézuéliens et qui leur a volé les élections ».
Le chef de la diplomatie française a, dans le même temps, rappelé que la méthode employée par les Etats-Unis contrevenait aux pratiques du droit international : « L’usage de la force doit être encadré par des règles. Sans ces règles, le monde est soumis à la loi du plus fort. La France (…) continuera de défendre ses principes ». Défendant les déclarations, très critiquées, d’Emmanuel Macron, M. Barrot a assuré que « personne n’a cautionné cette intervention américaine » et que le chef de l’Etat « a exprimé notre ambition pour la suite », c’est-à-dire « une transition pacifique et démocratique » et que « le pouvoir revienne au Venezuela ».

L’ancien premier ministre Dominique de Villepin accuse Emmanuel Macron de se « soumettre » aux Etats-Unis de Donald Trump
L’ancien premier ministre Dominique de Villepin a accusé dimanche Emmanuel Macron de se « soumettre » aux Etats-Unis de Donald Trump avec sa réaction « irresponsable » après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines. Le président français a dit samedi « prendre acte » de la fin du régime de Nicolas Maduro, sans évoquer les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien. Une position qui a suscité énormément de critiques au sein de la classe politique française, surtout à gauche.
M. Macron « a préféré ne pas surréagir, puisqu’il a craint, à un moment donné, d’irriter Donald Trump par rapport à la décision américaine d’intervenir à Caracas parce qu’il a le sentiment de devoir mener un combat qui, pour lui, est plus important, qui est le combat de l’Ukraine. Et donc, il a choisi en quelque sorte sa cible. Ce qu’il ne comprend pas, ce qui lui échappe, c’est que l’ensemble de ses sujets sont aujourd’hui liés. Ne pas réagir à ce qui se passe au Venezuela, c’est s’affaiblir dans la négociation sur l’Ukraine », a développé M. De Villepin sur BFM-TV.
« La première chose que devraient faire les Européens, c’est d’abord marquer clairement ce qui est inacceptable pour nous dans la décision américaine, se doter de leviers, et ça, c’est une urgence absolue (…) c’est l’inverse de ce qu’a fait Emmanuel Macron hier soir », a encore jugé l’ancien ministre. « Nous sommes en train de nier notre propre identité historique », a martelé celui qui s’était fait remarquer en 2003, quand il était chef de la diplomatie de Jacques Chirac, par son discours à l’ONU contre la guerre en Irak engagée par les Etats-Unis de George W. Bush, et qui ne cache pas ses ambitions présidentielles pour 2027.

Israël soutient l’action « déterminée » des Etats-Unis au Venezuela
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a exprimé dimanche « le soutien » de son gouvernement à « la décision résolue et l’action déterminée des Etats-Unis » au Venezuela, lors d’un conseil des ministres. « En Amérique latine, (…) plusieurs pays reviennent dans l’orbite américaine et (…) renouent leurs liens avec l’Etat d’Israël. Nous nous en réjouissons, nous félicitons le président Trump (…) et saluons également les forces armées américaines qui ont mené une opération parfaite », a-t-il ajouté.

Enlèvement de Nicolas Maduro : le Congrès américain, victime collatérale de l’intervention au Venezuela
Par Nicolas Chapuis

 Elizabeth Frantz / REUTERS   

L’opération militaire qui a conduit à l’enlèvement, en plein cœur de Caracas, de Nicolas Maduro
, le président vénézuélien, et de Cilia Flores, son épouse, samedi 3 janvier, a fait une victime collatérale : le Congrès américain. Le principal organe législatif du pays, qui a normalement la main en matière de conflits armés à l’étranger, n’a été ni consulté ni informé en amont par le président des Etats-Unis, qui n’a pas caché une forme de dédain : « Le Congrès a tendance à faire fuiter les choses. »
Signe de l’affaiblissement de l’institution parlementaire, John Thune et Mike Johnson, les deux leaders républicains au Sénat et à la Chambre des représentants, ont salué à l’unisson la décision de Donald Trump, sans un mot pour le piétinement de leurs prérogatives.

Bonjour,
Merci pour votre question. L’opération au Venezuela peut effectivement être perçue comme un avertissement aux alliés des Etats-Unis, inquiets des menaces de Donald Trump de s’adjuger des ressources stratégiques, alors que ce dernier a fait part de ses intentions de s’approprier les vastes réserves en hydrocarbure du Venezuela au profit des grandes entreprises pétrolières américaines.
De nombreux soutiens ont loué sa vision impérialiste, renouant avec la doctrine Monroe, qui faisait de l’Amérique latine le pré carré des Etats-Unis, et rêvent de le voir pousser son avantage dans les Caraïbes, comme il a semblé le suggérer lors de la conférence de presse en menaçant indirectement Cuba. Katie Miller, podcasteuse conservatrice influente et épouse de Stephen Miller, l’un des plus proches conseillers de Donald Trump, a publié samedi sur son compte X une photo du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une courte légende en capitales : « SOON » (« bientôt »).
Le tweet a fait réagir l’ambassadeur du Danemark aux Etats-Unis, Jesper Moller Sørensen, qui a appelé dimanche au « respect total » de l’intégrité territoriale du Groenland. Pour rappel, le Groenland est convoité par Donald Trump, au grand dam du Danemark, et les tensions entre les deux pays ont été relancées par l’annonce, à la fin de décembre, par le président américain de la nomination d’un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois.

Bonjour à tous les deux,
Les autorités vénézuéliennes n’ont toujours pas communiqué sur le nombre de victimes à la suite de l’opération militaire américaine à Caracas et dans les environs. Selon le procureur général du pays, Tarek William Saab, « des victimes innocentes ont été blessées et tuées », comme il l’a déclaré à la télévision hier, mais sans plus de détails.
De son côté, Donald Trump a assuré qu’il n’y avait pas eu de victime américaine, durant la conférence de presse donnée hier en sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.

Le pape appelle à « s’engager sur des chemins de justice et de paix »
« Le bien-être du cher peuple vénézuélien doit prévaloir sur toute autre considération et conduire à surmonter la violence et à s’engager sur des chemins de justice et de paix », a déclaré, dimanche, Léon XIV, après la prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre de Rome. Le pape, de nationalité américaine, a également appelé à « garantir la souveraineté du pays ».
Le pape Léon XIV durant la prière de l’Angélus à midi depuis la fenêtre de son bureau donnant sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le dimanche 4 janvier 2026. ALESSANDRA TARANTINO / AP
Un homme tient un drapeau du Venezuela durant la prière de l’Angélus du pape Léon XIV sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le dimanche 4 janvier 2026. ALESSANDRA TARANTINO / AP

La Corée du Nord dénonce la capture de Nicolas Maduro
La Corée du Nord a condamné dimanche la capture par les Etats-Unis du président vénézuélien, Nicolas Maduro, la qualifiant de « grave atteinte à la souveraineté ». Cet « acte d’hégémonie » est « un exemple qui confirme une fois le caractère voyou et brutal des Etats-Unis », a déclaré un porte-parole du ministère des affaires étrangères dans un communiqué publié par l’agence officielle KCNA.

Bonjour,
Merci pour votre question. Officiellement, la diplomatie russe a condamné l’opération américaine au Venezuela, qui est le principal allié de Moscou en Amérique du Sud. « Les Etats-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable », a déclaré hier dans un communiqué le ministère des affaires étrangères russe, estimant que « l’hostilité idéologique avait triomphé du pragmatisme économique ».
L’événement apparaît en réalité à double tranchant pour le Kremlin, comme l’expliquent, dans leur analyse, nos journalistes Claire Gatinois et Benjamin Quénelle. D’un côté, la capture du président Maduro par les Etats-Unis affaiblit les alliés de l’Ukraine, qui se veulent les défenseurs de la démocratie et du droit international.
Mais il est aussi un revers géopolitique pour Moscou, qui perd un partenaire de premier plan. Son éviction est « un coup porté à Poutine », observe ainsi Peter Rough, directeur du Centre pour l’Europe et l’Eurasie à l’Hudson Institute. « Cela montre que ses défenses aériennes – installées autour la capitale vénézuélienne – et ses accords politiques – Moscou et Caracas ont récemment signé un accord de partenariat stratégique de dix ans – sont inutiles face à la puissance américaine. » L’opération américaine menace en outre les revenus pétroliers de la Russie. Les Etats-Unis ont pour ambition de revivifier les installations pétrolières vénézuéliennes, semblant jeter aux oubliettes l’accord de joint-venture renouvelé pour quinze ans en novembre 2025 entre la société publique Petroleos de Venezuela et une filiale de la société russe Roszarubezhneft.
Les images de l’arrivée du président vénézuélien, Nicolas Maduro, à New York
Les installations vénézuéliennes visées par les frappes américaines samedi

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