Avec Giorgia Meloni, Friedrich Merz, Donald Tusk, Pedro Sánchez, Keir Starmer et Mette Frederiksen, le chef de l’État rappelle que « le Groenland appartient à son peuple ».
LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel Macron photographié à l’Élysée le 6 janvier.
EN BREF •
Emmanuel Macron et des dirigeants européens rappellent, dans une déclaration conjointe, que le Groenland appartient à son peuple, soulignant la souveraineté danoise. •
Le Royaume-Uni, malgré le Brexit et sa proximité avec les États-Unis, s’aligne avec l’Europe face aux ambitions de Donald Trump sur le Groenland.
Une mise au point polie, mais une mise au point quand même. Ce mardi 6 janvier, et alors que le chef de l’État reçoit ses homologues dans le cadre de la coalition des volontaires consacrée au soutien à l’Ukraine, Emmanuel Macron et plusieurs dirigeants européens ont tenu à envoyer un message à Donald Trump, au sujet de ses ambitions sur le Groenland, réaffirmées après son coup de force au Venezuela.
« La sécurité dans l’Arctique reste une priorité essentielle pour l’Europe et est cruciale pour la sécurité internationale et transatlantique. L’Otan a clairement indiqué que la région arctique était une priorité et les alliés européens intensifient leurs efforts », écrivent-ils dans cette déclaration conjointe, signée par le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre polonais Donald Tusk, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le Premier ministre britannique Keir Starmer et la Première ministre danoise (concernée au premier chef) Mette Frederiksen.
« La sécurité dans l’Arctique doit donc être assurée collectivement, conjointement avec les alliés de l’Otan, y compris les États-Unis, en respectant les principes de la Charte des Nations unies, notamment la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières. Il s’agit là de principes universels, et nous continuerons à les défendre sans relâche », préviennent Emmanuel Macron et ses homologues, soulignant que les États-Unis demeurent à leurs yeux « un partenaire essentiel dans cette entreprise ». Et ce, au regard des traités ratifiés par Washington, à savoir la charte de l’Otan et « l’accord de défense conclu entre le Royaume du Danemark et les États-Unis en 1951 ».
Timide avertissement
Un simple rappel des règles qui ne froissera pas Donald Trump, mais qui se conclut par un commentaire politique sonnant comme un (timide) avertissement : « le Groenland appartient à son peuple. Il appartient au Danemark et au Groenland, à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland ». Cette prise de position constitue une première réponse des principaux alliés européens à la voracité assumée du président américain à l’égard du Groenland, à l’heure où les puissances du Vieux continent cherchent toujours un moyen d’empêcher le locataire de la Maison Blanche de miner davantage le droit international, tout en évitant de le braquer pour ne pas précipiter son retrait de l’assistance militaire et financière apportée à l’Ukraine.
À noter que la présence du Royaume-Uni dans cette communication, en dépit de sa relation privilégiée avec Washington et malgré sa sortie de l’UE depuis le Brexit, témoigne de l’inquiétude provoquée par les récentes déclarations de Donald Trump et de son entourage sur le sujet, laissant courir le risque de l’annexion illégale d’un territoire, qui reste soumis à la Constitution du Danemark et dont les citoyens sont, juridiquement, considérés comme européens. Ces derniers restent par ailleurs attachés à leur appartenance au royaume danois. Seuls 6 % d’entre eux souhaitaient passer sous contrôle des États-Unis, d’après une enquête menée en janvier 2025.
https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/emmanuel-macron-et-les-dirigeants-europeens-envoient-un-message-a-donald-trump-sur-le-groenland_258932.html
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