- Publié le 26 Jan 2026 à 20:00
On en parle moins, mais le racisme est toujours présent dans la société. Une discrimination que l’on retrouve notamment à l’entrée du marché immobilier français. Selon une enquête de SOS Racisme publiée ce 25 janvier 2026, près de la moitié des agences immobilières, précisément 48,5%, ferment encore les yeux ou participent activement à des sélections illégales. Sur les 198 agences passées au crible l’année dernière, une sur quatre écarte directement les candidats “non européens”. Plus subtils mais tout aussi destructeurs, 24 % de ces agences acceptent sans broncher les consignes discriminatoires de propriétaires craignant des problèmes de loyer ou encore des soucis de voisinage. Une situation regrettable sur laquelle une employée d’agence immobilière est revenue.
Une employée lève le voile sur les pratiques discriminatoires dans les agences immobilières
C’est une triste réalité. Les personnes non européennes peinent énormément à se trouver un logement en France. Et ce, à cause d’une discrimination raciale importante. D’ailleurs, sur le plateau de BFMTV, Marion, une employée d’une agence immobilière, s’est confiée sur ce genre de comportement. Une triste sélection appliquée par son directeur. D’après l’employée, ce dernier impose des critères de sélection basés sur des préjugés clairs. “Le directeur, il dit ouvertement qu'il ne faut pas louer à des personnes barbues. Il dit clairement ce mot, les barbues”, a-t-elle révélé. Face à cette directive illégale et injuste, les employés tentent une résistance silencieuse en acceptant tout de même les dossiers solides. “Nous, les commerciaux, on va aller à l'encontre de ces directives, en fait. Donc on fait visiter à tout le monde les appartements”, a-t-elle révélé.
Un milieu dominé par les stéréotypes
La discrimination dans les agences immobilières ne vient pas toujours de la hiérarchie. En effet, certaines n’hésitent pas à afficher leur rejet sans complexe. Lors de cet entretien, Marion a notamment dressé un inventaire accablant des préjugés rencontrés. Tout d'abord, les personnes maghrébines sont les plus grandes victimes. Ces derniers sont systématiquement suspects aux yeux des propriétaires. “Il y en a qui vont nous le dire ouvertement on ne veut pas telle ou telle personne parce qu'il y a ceux qui ne payent pas le loyer”, a-t-elle révélé. Avant d’ajouter : “Les personnes maghrébines, pour eux, ne payent pas leur loyer.” Mais ces derniers ne sont pas les seuls à souffrir de ces préjugés. En effet, les Indiens aussi font partie de ceux que les propriétaires rejettent. Et ce, à cause de leur habitude à préparer avec du Curry. Une épice qui sent fort. Raison pour laquelle ces derniers sont également sur la liste des indésirables.
“On va dire que le propriétaire a trouvé quelqu'un de son côté”
Pour les propriétaires, ce refus est non discutable. Cependant, cette discrimination est compliquée à gérer pour les employées. Car ces derniers doivent justifier cette injustice que la loi interdit. Une situation délicate qui pousse certains à trouver des prétextes. “On va dire que le propriétaire a trouvé quelqu'un de son côté ou qu'il y avait un autre dossier ou un meilleur candidat. Donc c'est très, très, très délicat”, a-t-elle révélé. Toutefois, le directeur de Marion, lui, se lave les mains de ces conséquences morales. Il exige l’exclusion des noms à consonance maghrébine, même pour les dossiers d’excellente qualité. “Il y a des propriétaires qui ne sont pas du tout racistes. Par contre, notre directeur, lui, va nous dire non. Il va voir sur mon bureau un dossier avec un candidat qui a un nom maghrébin, il va dire non”, a-t-elle confié. Heureusement, Marion n’écoute pas toujours les directives, notamment face à des dossiers solides.
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