Initialement imaginé pour rebâtir Gaza, plusieurs mois après la conclusion d’un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, le Conseil de la Paix devrait avoir des objectifs beaucoup plus larges selon la présentation effectuée par le président américain à Davos, cette semaine.
Donald Trump l’a imaginé comme une alternative à l’ONU dont il pense toujours le plus grand mal. C’est la Maison-Blanche qui a elle-même lancé les invitations à participer à ce Conseil pour la Paix, véritable outil d’une diplomatie parallèle affranchie du droit international, au service d’une vision cynique de la paix fondée sur la force et l’intimidation.
Comme d’autres pays bien vus par Donald Trump, la Russie a été invitée à participer à ce Conseil de la Paix. Et, ce vendredi 23 janvier, la Russie semble avoir donné son accord et a même trouvé les fonds pour régler la note de 1 milliard de dollars donnant droit à un siège dans cette instance internationale “destinée à promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance légitime et garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits”.
Selon l’agence de presse du régime, Interfax, la Russie a ainsi fait savoir que les Américains pouvaient piocher dans les 5 milliards d’actifs russes immobilisés aux États-Unis.
Trump pas opposé à la solution
“Notre volonté de transférer un milliard de dollars d’avoirs russes immobilisés sous la précédente administration américaine au budget de cette organisation a été soulignée”, a déclaré Iouri Ouchakov, le conseiller de Poutine, aux journalistes à l’issue survenues à Moscou ce jeudi soir.
“Et une fois qu’un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine sera conclu, les fonds restants de nos réserves immobilisées aux États-Unis pourraient être utilisés pour la restauration des territoires endommagés pendant les hostilités”, a-t-il aussi déclaré.
Trump, quant à lui, a déclaré qu’il ne s’opposerait pas à une contribution de 1 milliard de dollars de la Russie, prélevée sur ses propres fonds. Si Poutine “utilise son argent, c’est formidable”, avait déclaré un peu plus tôt Trump aux journalistes américains à bord d’Air Force One après le Forum économique mondial de Davos.
Dans le même temps, Trump n’a pas précisé s’il s’opposait à l’idée de Moscou selon laquelle ces fonds devraient provenir d’actifs russes immobilisés. Interrogé par un journaliste sur sa connaissance de cette proposition, Trump a déclaré qu’il n’en avait pas connaissance, mais qu’elle était “très intéressante”.
Par ailleurs, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que les avoirs russes immobilisés aux États-Unis s’élevaient à un peu moins de 5 milliards de dollars.
Une décision qui pourrait faire enrager Zelensky
Le sujet des avoirs russes gelés est brûlant et a pris une dimension encore plus stratégique avec l’évolution du conflit et les récentes pressions diplomatiques. Environ 300 milliards de dollars d’actifs de la Banque centrale de Russie seraient ainsi gelés à travers le monde (majoritairement en Europe, via l’organisme Euroclear en Belgique).
Jusqu’à présent, les pays occidentaux hésitent sur la confiscation totale par peur de créer un précédent juridique dangereux ou de déstabiliser l’euro. Le président ukrainien souhaite l’utilisation de ces fonds pour acheter des armes et aider à reconstruire son pays. Zelensky utilise souvent un ton qui mêle justice morale et pragmatisme économique. “La Russie a apporté la guerre sur notre terre, et elle doit payer pour cela. Il est tout à fait juste que les actifs russes fassent partie du paiement de la Russie pour son agression”, déclarait-il en octobre dernier à Bruxelles.
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