50 milliards de dollars par an : les Reels sont devenus le cœur du business publicitaire de Meta

Lancé dans l’urgence pour contrer l’ascension fulgurante de TikTok, le format Reels d’Instagram n’avait, à ses débuts en 2020, rien d’une évidence stratégique.
Meta cherchait alors à retenir des utilisateurs de plus en plus attirés par la vidéo courte, sans réellement maîtriser les codes de ce nouveau mode de consommation. Cinq ans plus tard, la situation a radicalement changé, et les Reels se sont imposés comme l’un des principaux leviers de revenus du groupe, au point de redessiner ses priorités technologiques et économiques…
Des Reels devenus un pilier des revenus publicitaires
Selon les derniers chiffres communiqués, les Reels diffusés sur Instagram et Facebook ont dépassé un rythme annuel de 50 milliards de dollars de revenus publicitaires. Un niveau qui place Meta devant YouTube, estimé à 46 milliards de dollars, et très loin de TikTok, dont les revenus publicitaires avoisineraient 17 milliards sur la même période.
Ce succès repose sur un modèle bien rodé, avec une publicité intégrée de manière régulière dans le flux de vidéos, et des annonces visibles environ toutes les trois vidéos.
Pour un groupe historiquement dépendant de la publicité, ce format est devenu un relais de croissance particulièrement efficace, capable de compenser les fluctuations liées aux évolutions réglementaires et aux changements de ciblage…
L’algorithme, véritable moteur de la transformation
Si les Reels fonctionnent aujourd’hui, selon les informations du Wall Street Journal, cela serait lié à une refonte profonde des systèmes de recommandation. À l’origine, Instagram reposait sur un graphe social centré sur les abonnements, avec un modèle peu adapté à la logique de découverte propre à TikTok, basée sur le temps de visionnage et l’analyse fine des signaux d’engagement.
Meta aurait donc investi massivement dans des IA capables d’interpréter les comportements des utilisateurs en quelques millisecondes. Cela aurait pour conséquence d’apporter un flux de vidéos plus personnalisé, et qui ne dépend plus uniquement des comptes suivis.
Des usages en hausse et un nouvel horizon : la télévision
Les chiffres d’usage confirment cette dynamique, car d’après Sensor Tower, un utilisateur d’Instagram passe en moyenne 27 minutes par jour à regarder des Reels, contre 21 minutes pour YouTube Shorts. TikTok, quant à lui, conserve une avance nette, avec plus de 40 minutes quotidiennes, mais l’écart s’est réduit.
En 2026, Meta regarde désormais au-delà du smartphone. Depuis le mois d’octobre dernier, on sait que des tests sont en cours pour proposer Instagram et les Reels sur les téléviseurs.
Et avec cette stratégie, Meta veut s’installer sur un écran où YouTube règne depuis des années, comme on peut le voir via des récentes études comme celle de Nielsen.
https://siecledigital.fr/2026/01/05/comment-les-reels-sont-devenus-la-nouvelle-source-de-revenus-de-meta/