OpenAI dévoile son coach santé, entre promesses et zones de flou

Depuis plusieurs mois, la rumeur circulait qu’OpenAI préparait une fonctionnalité dédiée à la santé. C’est désormais officiel. Avec ChatGPT Health, rebaptisé ChatGPT Santé en France, l’entreprise franchit une nouvelle étape dans sa vision d’une IA capable d’accompagner les usages du quotidien.
Une ambition qui suscite autant d’enthousiasme que d’interrogations, notamment autour des données médicales, par nature, sensibles…
ChatGPT Santé, un coach santé intégré au chatbot
Un aperçu de ChatGPT Health – Source : OpenAI
Pour l’instant accessible aux États-Unis via une liste d’attente, ChatGPT Santé doit être déployé progressivement sur le web et iOS, pour les utilisateurs gratuits comme payants.
Concrètement, il s’agit d’un espace distinct au sein de l’interface de ChatGPT, entièrement consacré aux questions de santé et de bien-être. OpenAI parle d’un environnement cloisonné, sans historique des conversations classiques ni mémoire préalable, pensé comme un « bac à sable » sécurisé.
Dans le communiqué de presse officiel, OpenAI annonce vouloir aider les utilisateurs à mieux comprendre leurs données médicales. ChatGPT Santé peut se connecter à des applications comme Apple Santé, MyFitnessPal, Weight Watchers ou Peloton, et, aux États-Unis, à certains dossiers médicaux électroniques.
Ce nouvel outil devrait être capable de traduire le jargon médical, de résumer des comptes rendus de consultation, d’analyser des tendances sur la durée ou encore d’aider à préparer un rendez-vous chez un professionnel de santé.
Toutefois, OpenAI insiste sur un point, en affirmant que l’outil n’établit ni diagnostic ni traitement, et se positionne comme un simple « soutien » aux soins existants.
Quelles garanties et limites pour les données de santé ?
L’onglet « Health » est pour l’instant uniquement disponible aux Etats-Unis – Source : OpenAI
La question de la confidentialité est au coeur de tous les débats, même si OpenAI affirme avoir renforcé la sécurité de ChatGPT Santé avec un chiffrement dédié et un stockage séparé des conversations classiques.
L’entreprise assure également que ces échanges ne sont pas utilisés pour entraîner ses modèles d’IA. Un discours qui vise à rassurer, alors que plus de 230 millions de personnes posent déjà chaque semaine des questions de santé à ChatGPT.
Dans les faits, certaines nuances subsistent, car le chiffrement annoncé n’est pas de bout en bout, ce qui laisse la porte ouverte à des accès par des tiers dans des contextes légaux spécifiques.
Par ailleurs, l’hébergement des données médicales n’est pas assuré directement par OpenAI, mais par b.well, une société spécialisée dans les dossiers de santé connectés, déjà partenaire de millions d’acteurs dans le monde.
Au delà de la technique, rappelons que les IA peuvent produire des réponses approximatives, voire erronées, comme on a déjà pu le voir par le passé. En matière de santé, ces limites posent question, tout comme le risque d’amplification de l’anxiété chez certains profils.
En Europe, le cadre réglementaire autour des données médicales pourrait d’ailleurs freiner ou encadrer plus strictement le déploiement de ChatGPT Santé. OpenAI, de son côté, affirme avoir anticipé ces enjeux, mais le débat ne fait que commencer…
https://siecledigital.fr/2026/01/08/chatgpt-sante-quand-lia-dopenai-sinvite-dans-vos-donnees-medicales/