Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. AFP / © Julien de Rosa
« Trump, ne t’arrête pas en si bon chemin », plaisante Charlie Hebdo. Le journal satirique a dévoilé un dessin d’Éric Salch sur lequel est représenté Jean-Luc Mélenchon. Le fondateur de La France insoumise (LFI) est affiché menottes aux poignets, casque anti-bruits sur les oreilles, lunettes noires sur les yeux et portant un survêtement et des baskets Nike. Un clin d’œil à la photo de Nicolas Maduro, prise juste après son arrestation par les forces américaines au Venezuela samedi 3 janvier.
Un dessin « fasciste »
Cette caricature a fait scandale parmi les Insoumis, nombre d’entre eux jugeant cette caricature déplacée au vu du contexte international grave. « Minute hebdo ou Charlie actuelles. Après le dessin raciste sur Rokhaya Diallo, un peu de fascisme pour s’attaquer à Jean-Luc Mélenchon. Minable », dénonce le député LFI Thomas Portes sur X. Même son de cloche pour sa collègue Sophia Chikirou : « Après son dessin raciste contre Rokhaya Diallo, voici son dessin fasciste contre Jean-Luc Mélenchon : Charlie est-il devenu une pâle copie de la revue Furia de Papacito ? Ou alors l’élève a-t-il dépassé le maître ? »
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Antoine Léaument se fend d’un tweet lapidaire : « OK Damien Rieu », en référence au militant identitaire. « Charlie Hebdo, soutien de l’extrême droite trumpiste, mais est-ce étonnant ? » s’interroge encore le député LFI Arnaud Le Gall. Pour l’élu LFI Aurélien Taché, Charlie Hebdo « s’attaquait aux puissants » à une époque, mais les défend aujourd’hui et « s’en prend à ceux qui les défient. »
N’écoutant que son tropisme chaviste, le prophète de la « révolution citoyenne » exige le retour du président vénézuélien. Au moins n’a-t-il pas l’hypocrisie de ceux qui, à gauche, réprouvent les méthodes brutales de Donald Trump, tout en lui accordant, du bout des lèvres, le mérite d’avoir fait le sale boulot
Publié le 5 janvier 2026 à 18:40 - Maj 6 janvier 2026 à 06:08
Jean-Luc Mélenchon lors de la convention de la France Insoumise pour les municipales de 2026, le 23 novembre 2025 à Aubervilliers. - Sipa Press
Nul ne guérit de ses premières amours. Fin 2006, Jean-Luc Mélenchon, alors sénateur socialiste de l’Essonne, s’envole pour un « voyage d’études » à Caracas dont il reviendra transfiguré. Au pied du balcon présidentiel, fondu dans une marée de chemises rouges, le socialiste français assiste à la réélection de Hugo Chávez, père de la « révolution bolivarienne » et héros de la gauche latino-américaine au pouvoir depuis 1999. De ce séjour, Jean-Luc Mélenchon garde le souvenir ému d’une communion mystique avec le « peuple vénézuélien », avant-garde de la « révolution citoyenne » qui nourrira son imaginaire politique et servira de matrice à trois campagnes présidentielles. « Chez nous, on aurait entendu les habituels glapissements footballistiques ineptes : “On a gagnééé ! On a gagnéé !”. Ici, on pense en criant : “On a besoin de Chávez pour la démocratie”, “A bas l’impérialisme”, “Dignité ! Dignité !” », s'épanche-t-il dans un billet de blog publié en décembre 2006.
15 janvier 2026 à 8h30
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11 février 2026 à 8h30
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https://www.lopinion.fr/politique/melenchon-maduro-un-dictateur-vous-manque-et-tout-est-depeuple